Avant l’Europe des traités, la paix des baptisés

Le cardinal Koch l'affirme : la paix de l'Europe commence par la paix entre les Églises. Une parole qui prolonge l'appel de Léon XIV à Metz.

Équipe Via Bible
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1 Corinthiens 1, 10–13

10Je vous exhorte, frères, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à avoir tous un même langage, qu’il n’y ait pas de scission parmi vous, mais soyez parfaitement unis dans un même esprit, et un même sentiment. 11Car il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de Chloé, qu’il y a des disputes parmi vous. 12Je veux dire que tel d’entre vous dit : « Moi, je suis à Paul tel autre : et moi, à Apollos et moi à Céphas et moi, au Christ » 13Le Christ est-il divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?

Éphésiens 2, 14–15

14Car c’est lui qui est notre paix, lui qui des deux peuples n’en a fait qu’un : il a renversé le mur de séparation, l’inimitié, 15ayant abrogé par l’immolation de sa chair la loi des ordonnances avec ses rigoureuses prescriptions, afin de fondre en lui-même les deux dans un seul homme nouveau, en faisant la paix,

Psaumes 133, 1–2

1Cantique des montées, de David. Ah qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères d’habiter ensemble. 2C’est comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, coule sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement.

Avant l’Europe des traités, la paix des baptisés

Il y a des paroles qui tombent au bon endroit. Lundi, à Metz, Léon XIV demandait à l’Europe de ne pas céder à l’illusion du réarmement et de redevenir ce que Robert Schuman avait rêvé : un continent qui transforme ses lignes de fracture en ponts. Le même jour, à Rome, le cardinal Kurt Koch ouvrait un autre front, plus intime et plus gênant. Avant de prêcher la paix aux nations, disait-il en substance, nous devons retrouver la paix au sein de l’Église et entre toutes les Églises.

Cette phrase retourne le miroir. Nous aimons demander aux chancelleries l’harmonie que nous ne pratiquons pas entre autels voisins. Nous réclamons des frontières apaisées alors que nos propres frontières, entre communions, entre rites, entre sensibilités d’une même paroisse, restent parfois armées de silences et de soupçons. Le colloque « Religions et diplomatie », tenu au Palazzo San Calisto pour les trente ans de Carità Politica, pose donc une question : de quel droit parlons-nous de réconciliation si nous ne la vivons pas ?

Voilà le cœur de cette parole. La paix entre les Églises n’est pas un chapitre facultatif de l’œcuménisme, réservé aux spécialistes. C’est la première contribution des chrétiens à l’Europe, et leur première dette envers elle.

La paix commence dans la maison

Une phrase qui déplace la responsabilité

Le préfet du dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens ne dit pas que les Églises doivent aussi faire la paix chez elles. Il dit : d’abord. L’ordre compte. Dans la logique de l’Évangile, le témoignage précède la proclamation, et la crédibilité du message dépend de la cohérence de ceux qui le portent. Une Église divisée qui recommande la concorde ressemble à un médecin fiévreux qui prescrit le repos aux autres.

Le cardinal Koch rappelle que l’on doit partir des malentendus, des différences et des polarisations actuelles. Il ne nie pas les blessures. Il ne propose pas de les recouvrir d’un sourire diplomatique. Il demande qu’on les nomme, puis qu’on les traverse. C’est une méthode avant d’être un programme : on ne guérit pas ce qu’on refuse de regarder.

Ajoutons que la polarisation ne passe pas seulement entre les confessions. Elle traverse chacune d’elles. Il y a des catholiques qui ne se parlent plus, des orthodoxes séparés par des querelles de juridiction, des protestants éloignés par des désaccords éthiques. La paix « entre toutes les Églises » suppose d’abord la paix dans chacune.

Corinthe, ou la division au nom du Christ

Paul a connu ce scandale. Aux Corinthiens, il écrit : « Je vous exhorte, frères, au nom de notre Seigneur Jésus Christ : qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensée et de sentiment » (1 Co 1, 10). Puis vient la question qui frappe encore : « Le Christ est-il divisé ? » (1 Co 1, 13). Les Corinthiens ne se séparaient pas par cynisme. Ils se réclamaient de Paul, d’Apollos, de Céphas, et même du Christ. Ils se divisaient par ferveur.

Ce détail éclaire notre temps. Les fractures entre chrétiens sont rarement nées du mépris de l’Évangile. Elles sont nées de convictions sincères, parfois héroïques, qui ont fini par se durcir en identités. Nous sommes fiers de « notre » tradition, de « notre » liturgie, de « notre » théologien. Paul ne demande pas d’abandonner ces richesses. Il demande de refuser qu’elles deviennent des drapeaux.

La question « Le Christ est-il divisé ? » n’appelle qu’une réponse. Il ne l’est pas. Mais elle oblige à constater que notre visage, lui, peut l’être, et que ce visage est le seul que le monde voit.

L’œcuménisme comme art de la diversité

Le cardinal Koch affirme que l’œcuménisme peut aider à vivre en harmonie dans la diversité. La formule mérite d’être pesée. On imagine souvent l’unité comme une uniformité : tous pareils, enfin d’accord. L’expérience de l’Église enseigne autre chose. L’unité chrétienne est une communion, c’est-à-dire un lien entre des personnes qui restent différentes, comme les membres d’un corps ne sont pas interchangeables.

Cette intuition est au cœur du mouvement œcuménique catholique depuis le concile Vatican II. Elle fut incarnée par des gestes qui ont changé le climat : la levée réciproque des excommunications de 1054 par Paul VI et le patriarche Athénagoras Ier de Constantinople, les voyages de Jean-Paul II, les rencontres de François avec les chefs d’autres Églises. Chacun a fait un pas que les textes seuls n’auraient pas permis.

L’œcuménisme n’est donc pas un sujet de commission. C’est un apprentissage de la patience, de l’écoute et de la gratitude pour ce que l’autre a gardé fidèlement et que nous avions peut-être laissé s’effacer. Un chrétien qui découvre la liturgie orientale ou l’amour protestant pour la Parole ne perd rien. Il comprend qu’il manquait quelque chose à son propre trésor.

Pourquoi cette exigence est urgente aujourd’hui

Le contexte donne à cette parole une gravité particulière. L’Europe vit de nouveau à l’ombre de la guerre. Les budgets militaires montent, les discours se durcissent, et la tentation est grande de croire que la sécurité vient uniquement des arsenaux. Léon XIV, à Metz, a invité le continent à ne pas se laisser séduire par cette illusion, tout en demandant aux jeunes de s’engager pour la paix dans leur propre pays.

Or, parmi les conflits qui déchirent l’Europe, certains opposent des peuples dont la majorité se réclame du même baptême. Des chrétiens se font la guerre. Et des Églises soeurs, parfois, se trouvent rangées dans des camps qui s’affrontent. Ce fait est une blessure pour l’Évangile, et aucune déclaration n’en efface la gravité.

C’est pourquoi la remarque du cardinal Koch n’a rien d’abstrait. Elle signifie que le travail œcuménique est un acte politique au sens le plus noble : il maintient ouvertes des voies de dialogue là où les États ont parfois fermé les leurs. Des Églises qui continuent de prier ensemble, de se visiter et de s’écouter sont des canaux de confiance, et les canaux de confiance sont rares en temps de guerre.

Metz et Rome : un même appel

Le choix d’une ville meurtrie

Léon XIV aurait pu parler de l’Europe depuis une capitale institutionnelle. Il a choisi Metz, ville lorraine trois fois marquée par la guerre, à la frontière de l’Allemagne et du Luxembourg. Ce choix est un sermon en soi. Là où les frontières ont été déplacées, où les familles ont changé de nationalité sans changer de maison, la paix n’est pas une idée. C’est une mémoire, avec ses noms, ses cimetières, ses clochers reconstruits.

Dans cette terre, Robert Schuman a pensé sa déclaration du 9 mai 1950, qui plaçait la production française et allemande de charbon et d’acier sous une autorité commune. Geste technique en apparence, geste spirituel en profondeur : rendre la guerre non seulement improbable, mais matériellement impossible, en liant les anciens ennemis par des intérêts partagés. Le pape a salué en lui un homme qui sut transformer les anciennes lignes de fracture en ponts d’espérance et devenir un ambassadeur de l’unité dans la diversité.

Le pontife y a célébré aussi une messe pour la paix et la justice, dans la cathédrale Saint-Étienne, appelant Metz à être un phare d’espérance pour la France, pour l’Europe et pour le monde. Il y a parlé de pardon et de réconciliation. C’est ici que la parole du cardinal Koch rejoint celle de l’évêque de Rome : la réconciliation politique est sœur de la réconciliation ecclésiale, et toutes deux exigent le pardon.

Schuman, le laïc qui priait avant de décider

Schuman, déclaré vénérable, est un cas singulier. Ce n’était ni un clerc ni un théologien, mais un homme d’État dont la foi nourrissait l’action. Il voyait dans la démocratie une conséquence de l’Évangile : la dignité de chaque personne, créée à l’image de Dieu, interdit de la traiter comme un moyen. Il croyait aussi que l’Europe ne tiendrait pas sans une âme.

Cette conviction éclaire l’enjeu du colloque romain. Si l’Europe doit garder une âme, cette âme ne peut pas être fournie par des traités. Elle doit venir de communautés vivantes qui croient en la réconciliation et la pratiquent. Et si les Églises elles-mêmes ne vivent pas la réconciliation, elles n’ont plus rien à offrir en ce domaine qu’une rhétorique.

Schuman enseigne ainsi une humilité. Il avançait par petits pas concrets : une solidarité de fait avant une fédération de droit. Les Églises gagneraient à imiter cette pédagogie. Avant les grandes déclarations doctrinales, il y a les gestes simples : une prière commune, une aide partagée, une visite rendue, un repas pris ensemble.

L’Appel de Metz et la paix entre les religions

Le pape a aussi rencontré des responsables religieux, dont plus d’une dizaine se sont engagés à signer l’Appel de Metz, déclaration interreligieuse en faveur de la paix et du dialogue. Ce geste élargit le cercle : après les Églises entre elles, les religions entre elles. Le colloque de Rome, intitulé « Religions et diplomatie », se place dans cette même perspective.

Mais l’ordre proposé par le cardinal Koch garde toute sa pertinence. Un chrétien qui ne sait pas se réconcilier avec son frère chrétien convainc difficilement son voisin d’une autre religion de la sincérité de son appel. Le dialogue interreligieux vaut d’abord par la qualité du dialogue intrachrétien, qui en est comme la répétition générale.

Il n’y a pas là de hiérarchie d’importance, comme si les autres religions comptaient moins. Il y a une logique de crédibilité. On ne tend pas la main au lointain avec assurance quand on garde le poing fermé contre le proche.

Avant l'Europe des traités, la paix des baptisés

Devenir des bâtisseurs de paix

Le mur abattu, non contourné

Paul, dans la lettre aux Éphésiens, décrit une paix qui n’est pas un compromis mais une création : « C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, Juifs et païens, il a fait un seul peuple ; par sa chair crucifiée, il a détruit le mur de séparation, la haine » (Ep 2, 14). Et il ajoute que le Christ a voulu, « en sa personne, créer avec les deux un seul homme nouveau en faisant la paix » (Ep 2, 15).

Ce texte a été écrit pour une communauté où cohabitaient des croyants venus du judaïsme et des croyants venus des nations. Le mur dont il parle n’est pas une métaphore abstraite : il rappelle la séparation matérielle qui, dans le Temple, tenait les païens à distance. Le Christ ne l’a pas contourné. Il l’a abattu, et le prix en a été son corps.

Cela change la manière d’envisager la paix entre les Églises. Elle ne s’obtient pas par un équilibre de concessions entre puissances religieuses. Elle naît d’une participation à la croix, c’est-à-dire d’un renoncement à avoir raison contre l’autre et d’une volonté de garder la vérité dans la charité. Ce n’est pas un relativisme : c’est une conversion.

Habiter ensemble, comme l’huile sur la tête

Le psalmiste offre une autre image, plus douce : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! C’est comme le parfum qui descend sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron » (Ps 133, 1-2). Le parfum, ici, ne reste pas où on l’a versé. Il ruisselle, il gagne la barbe, puis le col du vêtement. La fraternité est décrite comme un débordement.

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Cette image dit quelque chose de l’unité que les chrétiens peuvent offrir à l’Europe. Elle ne s’impose pas, elle se répand. Une paroisse réconciliée parfume un quartier. Une rencontre œcuménique vécue simplement, dans une petite ville, peut changer le regard de ceux qui la voient. La paix ne descend pas des sommets comme un décret, elle monte de la base, là où des gens ordinaires décident de vivre ensemble.

Le psaume précise même que c’est là que le Seigneur a décidé de donner la bénédiction. La bénédiction n’est pas promise aux plus savants, mais à ceux qui habitent ensemble. Voilà une théologie de la paix qui ne demande aucun diplôme.

Gestes concrets pour le temps qui vient

Que faire, concrètement, pour que la parole du cardinal Koch ne reste pas un beau souhait ? D’abord, prier pour les autres Églises par leur nom, et pas seulement en général. Nommer l’Église voisine, le patriarche, le pasteur de la rue d’à côté. La prière précise désarme ce que la prière vague laisse intact.

Ensuite, apprendre. Nous connaissons mal les traditions qui ne sont pas les nôtres, et la méconnaissance nourrit la méfiance. Lire un père de l’Église orientale, assister à une liturgie d’une autre tradition, accueillir un voisin pour l’écouter sans préparer sa réponse : ces gestes modestes forment une culture de la paix.

Enfin, pardonner les histoires. Les mémoires sont longues, et chaque communion porte des griefs que personne d’aujourd’hui n’a commis. Demander pardon pour ce que nos pères ont fait, et accorder pardon pour ce que les leurs ont fait, n’est pas une faiblesse. C’est l’acte par lequel l’histoire cesse d’être une prison et devient une école.

L’Europe attend des témoins, pas des experts

Il serait tentant de conclure que la paix de l’Europe dépend des diplomates, et celle des Églises des théologiens. Ce serait oublier que la plupart des réconciliations réelles sont l’œuvre de personnes sans titre. Une grand-mère qui refuse la haine transmise par ses parents, un jeune qui choisit d’apprendre la langue du voisin, un curé qui ouvre son église à une communauté d’une autre confession : voilà l’infrastructure invisible de la paix.

Le pape a demandé aux jeunes Européens de s’engager pour la paix dans leur propre pays. Le cardinal Koch leur répond à sa manière : commencez par la maison commune des chrétiens. Un jeune catholique qui s’implique dans un groupe œcuménique, qui prie avec ses amis protestants ou orthodoxes, prépare sans le savoir un avenir moins armé.

La responsabilité de l’Europe n’est donc pas seulement celle de ses gouvernements. Elle est aussi celle de ses baptisés, qui détiennent entre leurs mains un trésor rare : la capacité de former un corps sans supprimer les différences. Ce trésor, s’ils le cachent, n’enrichit personne. S’ils le vivent, il devient un signe pour tout un continent.

Un signe offert au continent

Plus que jamais, l’Europe cherche une parole qui ne soit ni naïve ni cynique. La voix du cardinal Koch en propose une : la paix n’est pas d’abord un résultat, c’est une manière de vivre qui s’apprend dans l’Église avant de s’offrir au monde. Elle passe par la vérité, par le pardon, par la patience et par ces petits pas que Schuman connaissait si bien.

Nous n’avons pas à attendre des conditions parfaites. Le Christ a fait la paix au prix de sa chair, et il a confié à ses disciples le ministère de la réconciliation. Chacun, à sa place, peut déplacer une pierre du mur. Et si nous le faisons ensemble, l’Europe verra peut-être, dans nos Églises enfin réconciliées, ce que sa propre histoire a tant de mal à croire : que les anciens ennemis peuvent devenir des frères.

Lectio divina

📜
Lectio — Lire

« C'est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, il a fait un seul peuple, il a détruit le mur de séparation, la haine. » Ep 2, 14

🧠
Meditatio — Méditer

Quel mur, en toi, attend encore d'être abattu ? Un nom que tu ne prononces plus, une Église que tu juges de loin, une blessure dont tu gardes la clé. Et si la paix que tu réclames au monde commençait par la porte que tu refuses d'ouvrir ?

🙏
Oratio — Prier

Seigneur Jésus, tu es notre paix. Tu as pris sur ta chair le mur de pierre et de haine. Tu as fait d'eux un seul homme nouveau, sans effacer leur visage. Abats en moi ce que j'ai bâti pour me défendre. Donne à tes Églises le parfum qui descend sur la tête et gagne le vêtement. Fais de nous des maisons ouvertes où l'étranger devient frère.

✨
Contemplatio — Contempler

Un mur de pierre grise s'effrite sous la lumière du matin, et, derrière lui, une porte de bois s'entrouvre sur une table dressée.

✝ Références bibliques

3 passages · 3 livres
1 Corinthiens
📖 Codex — Livre biblique

Paul de Tarse · 54–55 ap. J.-C. · 437 versets

Si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. (1Co 13,2)

Unité de l'Église, problèmes éthiques et hymne à la charité pour la communauté de Corinthe.

→ Explorer le Codex 1 Corinthiens
Psaumes
📖 Codex — Livre biblique

David et divers auteurs · Xe–IVe s. av. J.-C. · 2461 versets

Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. (Ps 23,1)

150 poèmes et chants de la prière d'Israël : louange, lamentation, action de grâce.

→ Explorer le Codex Psaumes

🌍 4 pays concernés

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Allemagne
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80 %
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226
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Luxembourg
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