Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère (Mc 3, 31-35)

Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère (Mc 3, 31-35)

Découvrez comment l'appel radical de Jésus dans Marc 3, 31-35 transforme nos liens familiaux en une parenté divine fondée sur la volonté d'amour du Père. Explorez la nouvelle identité de famille spirituelle, ses défis contemporains et ses implications concrètes pour vivre en communion avec le Christ et ses frères.

Équipe Via Bible
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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Marc 3, 31–35

31Sa mère et ses frères étant venus, ils se tinrent dehors et l’envoyèrent appeler. 32Or le peuple était assis autour de lui et on lui dit : « Votre mère et vos frères sont là dehors, qui vous cherchent. » 33Il répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » 34Puis, promenant ses regards sur ceux qui étaient assis autour de lui : « Voici, dit-il, ma mère et mes frères. 35Car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère. »

Devenir famille de Dieu : redéfinir nos liens dans la volonté du Père

Comment l’appel radical de Jésus transforme nos relations humaines en parenté divine et nous invite à une appartenance nouvelle fondée sur l’obéissance d’amour.

Imaginez la scène : Jésus enseigne, entouré d’une foule suspendue à ses lèvres, quand sa famille arrive et le fait appeler. Sa réponse surprend, déroute, provoque : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? » Ce passage de Marc 3, 31-35 ne rejette pas les liens familiaux, mais les transfigure en révélant une parenté plus profonde, fondée sur la volonté de Dieu. Explorer ce texte, c’est découvrir comment devenir vraiment famille du Christ.

Nous cheminerons d’abord dans le contexte historique et littéraire de cet épisode marquant, avant d’analyser la portée de la réponse de Jésus. Nous déploierons ensuite les dimensions de cette parenté spirituelle, examinerons ses implications concrètes pour nos vies, écouterons les échos de la Tradition, et discernerons les défis actuels de cet appel. Prière et pistes pratiques achèveront notre parcours.

Le cadre de la révélation : quand la maison devient théâtre d’un enseignement bouleversant

Pour bien saisir la portée de ce passage, il faut le situer dans son environnement narratif. Marc nous place « dans une maison » (v. 20), probablement celle de Capharnaüm où Jésus revient régulièrement après ses tournées de prédication. L’évangéliste vient de raconter l’appel des Douze (Mc 3, 13-19) et une affluence telle que Jésus et les siens « ne pouvaient même pas manger » (Mc 3, 20). L’atmosphère est à la fois électrique et tendue : les scribes venus de Jérusalem l’accusent d’être possédé par Béelzéboul (Mc 3, 22), tandis que « les siens » pensent qu’il a perdu la raison et veulent s’emparer de lui (Mc 3, 21).

C’est dans ce climat de controverse et d’incompréhension que survient la visite de la famille de Jésus. Le terme grec « hoi par’ autou » (littéralement « ceux qui sont de son côté ») désigne sans doute ses proches parents. La mention de « sa mère et ses frères » au verset 31 précise leur identité. Ils restent « au-dehors » (exô), détail géographique chargé de sens symbolique : ils sont physiquement et spirituellement en marge du cercle des disciples qui, eux, sont « assis autour de lui » (v. 34).

Le contraste est saisissant : dehors, les liens du sang ; dedans, une communauté rassemblée par l’écoute. La foule fait office d’intermédiaire : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent » (v. 32). Le verbe « chercher » (zêtein) n’est pas neutre chez Marc ; il évoque souvent une quête mal orientée ou une tentative de contrôle. La famille de Jésus, inquiète de son comportement jugé excessif, souhaite le ramener à la raison, le faire revenir dans le giron familial, le protéger peut-être de lui-même.

La réponse de Jésus tombe comme un coup de tonnerre : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » (v. 33). La question rhétorique n’appelle pas une information, mais prépare une révélation. Le geste qui suit est tout aussi significatif : Jésus parcourt du regard (periblépô) ceux qui l’entourent en cercle. Ce regard circulaire embrasse toute la communauté des auditeurs, incluant chacun dans une nouvelle configuration familiale. Puis vient la déclaration programmatique : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère » (v. 34-35).

Ce texte s’inscrit dans une tradition juive où la famille revêt une importance capitale, socle de l’identité et de la transmission. Que Jésus relativise ces liens en les subordonnant à la volonté divine constitue donc un acte audacieux, scandaleux même pour certains. Il ne renie pas sa mère biologique – Marie sera au pied de la croix – mais il établit un critère d’appartenance qui transcende la chair et le sang. L’usage liturgique de ce passage, souvent proposé lors de fêtes mariales ou en temps ordinaire, invite les croyants à s’interroger sur leur propre relation au Christ et à sa communauté.

La logique paradoxale de Jésus : lorsque l’obéissance ouvre une parenté universelle

L’analyse de la réponse de Jésus révèle plusieurs strates de signification. D’abord, il y a un refus de privilège. En ne sortant pas pour rejoindre sa famille, en ne leur accordant pas le traitement de faveur qu’on pourrait attendre, Jésus montre que le Royaume de Dieu ne fonctionne pas selon les critères humains habituels de proximité charnelle ou de statut social. Personne n’a de droit automatique d’accès au Christ ; tous doivent passer par la même porte : l’accomplissement de la volonté du Père.

Ensuite, nous observons une redéfinition de la famille. Jésus ne détruit pas le concept de famille ; il l’élargit infiniment. La famille du Christ n’est plus définie par la naissance, mais par la foi en acte. Le critère d’appartenance est exprimé avec une clarté limpide : « Celui qui fait la volonté de Dieu » (hos an poiêsê to thelêma tou theou). Remarquons le verbe « faire » (poieô), qui souligne la dimension active, concrète, vérifiable de cette relation. Il ne suffit pas de connaître la volonté divine, ni même de l’approuver intellectuellement : il faut l’accomplir, la traduire en actes.

La formulation tripartite – « frère, sœur, mère » – mérite attention. L’ajout de « sœur », absent de la mention initiale des visiteurs, signale l’inclusivité radicale de cette nouvelle famille : femmes et hommes y ont la même dignité. Mais c’est surtout le terme « mère » qui surprend. Comment peut-on devenir mère de Jésus ? Saint Augustin y voit une double signification : d’une part, en engendrant le Christ dans le cœur d’autrui par l’annonce de l’Évangile ; d’autre part, en le faisant naître en soi par l’obéissance. « Quiconque écoute et met en pratique les enseignements du Seigneur devient sa mère en le portant spirituellement », affirme-t-il.

Cette parole de Jésus fonctionne aussi comme une christologie implicite. En affirmant que son vrai lien avec les hommes passe par l’obéissance au Père, Jésus se révèle comme le Fils par excellence, celui dont toute l’existence est ordonnée à la volonté divine. « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 4, 34), dira-t-il ailleurs. Les disciples sont donc appelés à reproduire en eux cette disposition filiale qui caractérise Jésus lui-même.

Il convient également de noter ce que ce texte n’est pas. Il n’est pas un manifeste anti-famille au sens moderne, ni une invitation à rompre les liens affectifs légitimes. Marie, la mère de Jésus, sera la première à « faire la volonté de Dieu » en répondant « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38), montrant qu’obéissance filiale et maternité biologique peuvent coïncider. Mais le texte affirme clairement que la fidélité à Dieu prime sur toute autre allégeance, y compris familiale, lorsqu’il y a conflit entre les deux.

Enfin, cette péricope révèle la pédagogie de Jésus. Il utilise une situation concrète – l’arrivée de sa famille – comme occasion d’enseignement. Il ne théorise pas abstraitement sur la nature du discipulat ; il montre, par le geste et la parole, ce qu’implique de le suivre. La méthode est inductive : à partir d’un événement particulier, il dégage une vérité universelle applicable à tous ses auditeurs.

La primauté de la volonté divine dans la vie du disciple

Que signifie concrètement « faire la volonté de Dieu » ? Cette expression, qui sert de critère d’appartenance à la famille de Jésus, demande à être déployée. Dans la Bible, la volonté de Dieu n’est jamais une idée abstraite ou un concept philosophique. Elle se manifeste dans la Torah pour Israël, dans les prophètes qui rappellent les exigences de justice et de miséricorde, et de manière suprême dans le Christ lui-même, Parole vivante du Père.

Pour Jésus, accomplir la volonté divine, c’est d’abord et avant tout aimer : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même » (Lc 10, 27). L’amour de Dieu et du prochain ne sont pas deux commandements juxtaposés, mais les deux faces d’une même réalité. On ne peut prétendre aimer Dieu sans aimer concrètement ses frères : « Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jn 4, 20).

Mais cet amour ne reste pas au niveau du sentiment. Il se traduit en obéissance concrète aux enseignements du Christ. « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14, 15). Le disciple qui fait la volonté de Dieu est celui qui écoute la Parole et la met en pratique, comme le constructeur sage qui bâtit sa maison sur le roc (Mt 7, 24-25). Cette obéissance n’est pas servile ou légaliste ; elle est une réponse d’amour à l’amour premier de Dieu.

Faire la volonté divine implique aussi le discernement. Comment savoir ce que Dieu veut de moi, ici et maintenant ? La tradition spirituelle chrétienne a développé toute une sagesse du discernement : examiner les Écritures, consulter la Tradition de l’Église, prier pour demander la lumière de l’Esprit, prendre conseil auprès de guides spirituels, observer les « motions » intérieures (paix, joie profonde versus trouble, agitation), vérifier la cohérence avec la charité. Saint Ignace de Loyola a codifié ces règles dans ses Exercices Spirituels.

Un autre aspect fondamental : la volonté de Dieu n’est pas d’abord une liste de tâches à accomplir, mais une relation à vivre. Le Père ne cherche pas des exécutants dociles, mais des fils et des filles qui lui fassent confiance et collaborent librement à son œuvre de salut. Cette volonté divine n’écrase pas notre liberté ; au contraire, elle la déploie pleinement. Sainte Catherine de Sienne disait : « Si tu es ce que tu dois être, tu mettras le feu au monde entier. »

Prenons un exemple concret. Imaginons Sophie, jeune professionnelle brillante, qui reçoit une promotion flatteuse impliquant de déménager à l’autre bout du pays. D’un côté, l’opportunité de carrière ; de l’autre, sa vieille mère malade qui dépend d’elle pour les soins quotidiens. Quelle est la volonté de Dieu pour Sophie ? Il n’y a pas de réponse automatique, de formule magique. Sophie devra discerner en examinant plusieurs facteurs : y a-t-il d’autres personnes qui peuvent s’occuper de sa mère ? Cette promotion est-elle indispensable pour subvenir aux besoins familiaux ? Quel choix lui laisse plus de paix intérieure ? Quelle option lui permet de mieux vivre la charité ? Le critère ultime n’est pas le confort ou la réussite sociale, mais où et comment elle peut le mieux aimer Dieu et servir son prochain.

La communauté des disciples comme nouvelle famille

La scène décrite par Marc nous montre Jésus entouré d’un cercle de disciples assis autour de lui. Cette configuration spatiale n’est pas anodine : elle préfigure l’Église, communauté de ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique. La famille de Jésus n’est pas une addition d’individus isolés, mais une communion organique, un corps dont les membres sont reliés les uns aux autres parce qu’ils sont reliés au Christ, la tête.

Saint Paul développera magnifiquement cette théologie de l’Église comme corps du Christ. « De même que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il du Christ » (1 Co 12, 12). Devenir famille du Christ, c’est donc inévitablement entrer en relation avec ses autres frères et sœurs. Il n’y a pas de christianisme solitaire authentique. Même les ermites les plus retirés demeurent membres du corps ecclésial et prient pour lui.

Cette famille spirituelle possède des caractéristiques propres. D’abord, elle transcende les frontières habituelles. Dans la famille biologique, on ne choisit pas ses parents ni ses frères ; dans la famille du Christ, on entre par choix libre (la foi), mais on découvre ensuite qu’on a des frères et sœurs de toutes races, langues, cultures, classes sociales. « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28).

Ensuite, c’est une famille qui a pour vocation de s’élargir sans cesse. Contrairement aux clans qui se replient sur eux-mêmes, la famille de Jésus est missionnaire par nature. Chaque disciple est appelé à engendrer d’autres disciples, à les « enfanter » par l’annonce de l’Évangile et l’accompagnement dans la foi. C’est ce que Paul exprime quand il dit aux Corinthiens : « Auriez-vous en effet des milliers de pédagogues dans le Christ, que vous n’avez pas plusieurs pères ; car c’est moi qui vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’Évangile » (1 Co 4, 15).

Cette fraternité implique des devoirs concrets. Les premiers chrétiens l’avaient bien compris, qui « avaient tout en commun » (Ac 2, 44) et organisaient la solidarité matérielle pour que « nul ne fût dans le besoin » (Ac 4, 34). Aujourd’hui encore, appartenir à la famille du Christ signifie partager les joies et les peines de nos frères, porter les fardeaux les uns des autres (Ga 6, 2), pardonner soixante-dix-sept fois sept fois (Mt 18, 22), corriger avec douceur celui qui s’égare (Ga 6, 1).

Pensons à l’exemple des communautés de base en Amérique latine. Des hommes et des femmes, souvent pauvres et peu instruits, se réunissent pour lire ensemble l’Évangile, prier, et s’entraider concrètement. Ils expérimentent viscéralement ce que signifie être frères et sœurs dans le Christ : partager le peu qu’on a, défendre collectivement les droits des plus faibles, célébrer les sacrements, pleurer ensemble les morts. Ces communautés incarnent la vision de Marc 3, 35 : une famille non fondée sur le sang, mais sur la commune volonté de suivre Jésus et de vivre l’Évangile.

Le paradoxe de l’abandon et de la plénitude

La parole de Jésus dans notre passage s’inscrit dans un ensemble plus large d’enseignements où il demande à ses disciples de « tout quitter » pour le suivre. « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Lc 14, 26). Formulation radicale, voire choquante, qui ne signifie pas haïr ses proches, mais relativiser tous les attachements face à l’absolu de Dieu.

Ce paradoxe chrétien est le suivant : en « perdant » sa famille biologique pour le Christ, on gagne une famille infiniment plus vaste et plus profonde. Jésus le dit explicitement : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (Mc 10, 29-30).

Ce « centuple » n’est pas une compensation matérielle, mais la découverte que dans la communauté ecclésiale, le disciple trouve de multiples « frères », « sœurs », « mères », « pères » spirituels. Celui qui a quitté géographiquement sa famille pour suivre le Christ – missionnaire, religieux, prêtre – découvre qu’il est accueilli partout comme un fils, qu’il trouve des foyers où on le reçoit comme un frère. Et même le disciple qui reste dans sa famille biologique expérimente l’élargissement de son cœur à la dimension de la famille universelle du Christ.

Mais attention : cet élargissement n’est pas fusionnel ou sentimental. Jésus mentionne « avec des persécutions ». Appartenir à la famille du Christ, c’est aussi partager sa croix, son rejet, ses souffrances. Le vrai disciple n’est pas celui qui cherche un cocon douillet où se réfugier, mais celui qui accepte de porter sa part du combat pour le Royaume, sachant que « le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (Jn 15, 20).

L’histoire de l’Église abonde en témoignages de cette logique paradoxale. Pensons à François d’Assise, qui renonce publiquement à son héritage paternel, rend jusqu’à ses vêtements à son père, et se retrouve… père d’une immense famille spirituelle qui, huit siècles plus tard, compte des millions de membres. Ou à Mère Teresa, qui quitte sa famille albanaise pour l’Inde, et devient « mère » pour des multitudes de mourants et d’abandonnés. Le renoncement initial, loin d’être une mutilation, s’avère une fécondité décuplée.

Vivre notre identité de famille de Dieu

Comment traduire cette théologie de la parenté spirituelle dans nos vies quotidiennes ? Plusieurs sphères d’application peuvent être identifiées. D’abord, dans notre rapport à notre famille biologique elle-même. Devenir famille du Christ ne signifie pas négliger nos proches, mais les aimer autrement, avec une liberté nouvelle. Nous ne sommes plus prisonniers des attentes familiales, des schémas dysfonctionnels, des loyautés toxiques. Nous aimons nos parents, nos frères, nos enfants pour eux-mêmes, et non par obligation sociale ou par besoin névrotique.

Cette liberté se manifeste de plusieurs façons. Par exemple, un adulte peut enfin dire « non » à un parent manipulateur sans culpabilité, tout en continuant à l’honorer et à pourvoir à ses besoins. Une mère peut lâcher prise sur le destin de ses enfants adultes, leur faisant confiance et priant pour eux plutôt que de vouloir tout contrôler. Un fils peut pardonner à un père absent ou violent, non pas en minimisant la blessure, mais en reconnaissant que sa vraie identité ne se réduit pas à cette histoire familiale : il est avant tout fils du Père céleste.

Dans la communauté ecclésiale ensuite. Concrètement, cela signifie nous impliquer activement dans la vie de notre paroisse ou de notre communauté chrétienne. Participer aux célébrations, bien sûr, mais aussi aux services concrets : catéchèse, visites aux malades, préparation des fêtes, aide matérielle aux familles en difficulté. Créer des liens authentiques avec d’autres disciples, au-delà des sourires polis du dimanche matin. Se laisser questionner, corriger, encourager par nos frères et sœurs dans la foi.

Certains découvrent cette fraternité de manière intense dans des groupes de partage biblique, des sessions de prière, des pèlerinages. D’autres la vivent plus discrètement, dans l’attention quotidienne portée à la vieille dame seule de la communauté, dans le coup de fil donné à un frère qui traverse une épreuve, dans l’accueil réservé au nouveau venu que personne ne connaît.

Dans nos engagements sociaux également. Si tout être humain est appelé à devenir membre de la famille du Christ, alors chacun est potentiellement mon frère, ma sœur. Cette conviction doit orienter notre action caritative et politique. Nous luttons contre la pauvreté non par philanthropie abstraite, mais parce que nos frères ont faim. Nous défendons les migrants non par idéologie, mais parce que nous reconnaissons en eux des membres de la famille humaine créée à l’image de Dieu. Nous visitons les prisonniers parce que Jésus nous dit : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

Enfin, cette identité de famille de Dieu doit transformer notre manière de prier. Nous ne prions plus seulement comme des individus isolés devant Dieu, mais comme des fils dans le Fils, avec tous nos frères. Même seul dans ma chambre, quand je dis « Notre Père », je me joins à la prière de toute l’Église, à travers les continents et les siècles. Ma prière personnelle s’élargit à la dimension de la communion des saints.

Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère (Mc 3, 31-35)

Les racines dans la Tradition : ce que les Pères et les saints nous enseignent

La réflexion de l’Église sur Marc 3, 31-35 ne commence pas avec nous. Dès les premiers siècles, les Pères de l’Église ont médité ce passage et en ont tiré des enseignements profonds. Origène, dans ses homélies, souligne que Marie elle-même doit progresser dans sa compréhension du mystère de son Fils. Elle qui l’a enfanté selon la chair doit aussi le « concevoir » selon l’esprit en accueillant sa parole. Pour Origène, nous imitons Marie non en étant biologiquement sa mère, mais en portant le Christ dans notre cœur par la foi et la charité.

Saint Jean Chrysostome, de son côté, insiste sur la priorité absolue du Royaume. Commentant ce passage, il affirme que Jésus « ne méprise pas sa mère, mais montre que rien ne doit nous détourner de l’obéissance à Dieu, pas même les liens les plus sacrés de la nature ». Le grand prédicateur d’Antioche voit dans ce texte un appel à la liberté évangélique : nos attachements terrestres, même légitimes, ne doivent jamais devenir des idoles qui nous séparent de Dieu.

Saint Augustin développe une théologie sacramentelle de la parenté spirituelle. Pour lui, le baptême fait de nous de véritables enfants de Dieu, non par métaphore, mais réellement. Par le sacrement, nous sommes « engendrés d’en-haut » (Jn 3, 3), incorporés au Christ, devenant ainsi frères et sœurs les uns des autres dans l’ordre de la grâce. Cette fraternité baptismale, loin d’être une simple camaraderie humaine, est une participation à la vie trinitaire elle-même.

La tradition bénédictine a particulièrement approfondi la notion de famille monastique. Dans la Règle de saint Benoît, l’abbé est appelé « père », les moines sont « frères », et le monastère devient une « maison de Dieu » où se vit concrètement la parole de Jésus. Chaque moine renonce à sa famille biologique (non par mépris, mais par choix vocationnel) pour intégrer une nouvelle famille entièrement ordonnée à la recherche de Dieu. Les relations y sont régulées non par les affinités naturelles, mais par la charité et l’obéissance commune à la Règle.

Le Concile Vatican II a repris et actualisé cette ecclésiologie de communion en présentant l’Église comme « famille de Dieu ». Lumen Gentium affirme que « tous les hommes sont appelés à faire partie du Peuple de Dieu » et que « cette famille est universellement répandue parmi les hommes » (LG 13). Gaudium et Spes élargit la perspective en parlant de la « famille humaine » comme destinataire du salut, préfigurant la grande famille eschatologique où Dieu sera « tout en tous » (1 Co 15, 28).

Plus récemment, le Pape François a fait de la « culture de la rencontre » et de la fraternité universelle des axes majeurs de son magistère. Dans Fratelli Tutti, il médite longuement sur l’appel à reconnaître chaque être humain comme un frère, dépassant les frontières de race, de nation, de religion. Bien qu’il ne cite pas explicitement Marc 3, 35, toute l’encyclique en est une illustration : la vraie fraternité se fonde non sur les liens charnels ou les intérêts partagés, mais sur la reconnaissance de notre commune dignité de fils du Père et de notre vocation commune à construire la civilisation de l’amour.

Chemins de pratique : méditer et incorporer la parole

Pour que cette parole de Jésus passe de notre tête à notre cœur, puis de notre cœur à notre vie, un cheminement spirituel régulier est nécessaire. Voici quelques pistes concrètes pour méditer Marc 3, 31-35 et en vivre.

Commencez par une lectio divina hebdomadaire de ce passage. Lisez lentement le texte à voix haute, plusieurs fois. Laissez un mot ou une phrase résonner en vous. Pour l’un, ce sera « Qui est ma mère ? » Pour l’autre, « celui qui fait la volonté de Dieu ». Ne cherchez pas à comprendre intellectuellement, mais à accueillir ce que le Seigneur veut vous dire personnellement aujourd’hui. Puis conversez avec lui dans la prière : « Seigneur, qu’est-ce que cela signifie pour moi de faire ta volonté dans telle situation concrète que je vis ? »

Pratiquez l’examen de conscience quotidien centré sur la volonté de Dieu. Chaque soir, relisez votre journée et demandez-vous : « Où ai-je cherché à faire la volonté de Dieu aujourd’hui ? Où ai-je résisté par peur, orgueil ou paresse ? » Pas pour vous culpabiliser, mais pour grandir en lucidité et en liberté. Saint Ignace recommandait cet exercice comme moyen privilégié de discernement et de progrès spirituel.

Identifiez concrètement un ou deux membres de votre « famille spirituelle » avec qui approfondir la relation. Peut-être ce frère de la paroisse que vous croisez chaque dimanche sans vraiment le connaître. Peut-être cette sœur qui traverse une épreuve et aurait besoin d’un soutien. Prenez l’initiative d’un café, d’une visite, d’un échange plus personnel. Osez dire : « Je prie pour toi » et le faire vraiment.

Participez régulièrement à l’Eucharistie en conscience d’appartenir à la famille du Christ. Quand vous entendez « prenez et mangez », « prenez et buvez », souvenez-vous que vous êtes nourri du même pain et du même sang que vos frères du monde entier, hier, aujourd’hui, demain. L’Eucharistie fait l’Église, et l’Église fait l’Eucharistie. Vous n’y allez pas comme consommateur solitaire de sacré, mais comme membre du corps, pour être transformé en ce que vous recevez.

Pratiquez aussi la relecture de vos liens familiaux à la lumière de ce passage. Sans jugement, sans amertume, regardez votre histoire : où avez-vous placé votre famille biologique au-dessus de Dieu ? Où avez-vous peut-être utilisé la foi comme excuse pour fuir vos responsabilités familiales légitimes ? Demandez à l’Esprit de vous montrer comment aimer vos proches avec la liberté et la vérité du Christ, ni en fusion étouffante ni en rupture orgueilleuse.

Répondre aux défis d’aujourd’hui

Notre époque pose des questions particulières à cette parole de Jésus. Premier défi : l’individualisme contemporain. Dans une société qui sacralise l’autonomie personnelle et la réalisation de soi, comment proposer une appartenance ecclésiale vécue comme famille sans paraître archaïque ou aliénant ? La réponse n’est pas dans l’accommodement – diluer le message pour le rendre acceptable – mais dans le témoignage : montrer par des communautés vivantes que la vraie liberté se trouve dans la communion, non dans l’isolement. Les jeunes cherchent désespérément du lien authentique ; l’Église doit offrir cette fraternité réelle dont ils ont soif.

Deuxième défi : les familles éclatées. Divorces, recompositions, distances géographiques, ruptures… Beaucoup de nos contemporains portent des blessures familiales profondes. Comment leur parler de « famille de Dieu » sans rouvrir ces plaies ? Avec beaucoup de délicatesse, en montrant que justement, la famille du Christ peut être lieu de guérison. Ceux qui n’ont pas connu l’amour paternel peuvent découvrir Dieu comme Père. Ceux qui ont manqué de fraternité peuvent la trouver dans la communauté ecclésiale. Non pas comme remplacement mécanique, mais comme grâce de restauration.

Troisième défi : le pluralisme religieux. Si seuls ceux qui font la volonté de Dieu sont famille de Jésus, qu’en est-il des non-chrétiens ? Sont-ils exclus ? La réflexion théologique contemporaine, notamment depuis Vatican II, distingue l’appartenance visible à l’Église (par le baptême) et l’appartenance au Christ par des voies connues de Dieu seul. Quiconque, même sans le savoir, accueille la grâce divine et vit dans la charité, est relié au Christ. Mais cela n’annule pas l’appel missionnaire : faire connaître explicitement Jésus pour que cette appartenance implicite devienne consciente et plénière.

Quatrième défi : le relativisme moral. Si « faire la volonté de Dieu » est le critère, encore faut-il s’entendre sur ce que Dieu veut. Dans un contexte où chacun prétend définir à sa guise la volonté divine pour justifier ses choix, comment tenir le cap ? En revenant sans cesse aux sources : l’Écriture lue dans la Tradition vivante de l’Église, le Magistère qui éclaire avec autorité les questions nouvelles, la raison éclairée par la foi. La volonté de Dieu n’est pas arbitraire ou changeante ; elle s’enracine dans l’être même de Dieu qui est Amour.

Cinquième défi : l’écologie intégrale. Comment articuler la famille humaine et la « maison commune » de la création ? Le Pape François nous invite à élargir encore notre regard : non seulement tous les humains sont appelés à être frères, mais nous sommes aussi liés à toute la création dans une communion cosmique. Faire la volonté de Dieu aujourd’hui inclut de respecter et protéger notre planète, de vivre sobrement, de résister à la culture du déchet. La famille de Dieu englobe, d’une certaine manière, toute la création gémissant dans l’attente de la rédemption (Rm 8, 22).

Ces défis ne doivent pas nous paralyser, mais nous stimuler. Chaque époque a eu ses obstacles propres à l’accueil de l’Évangile. La nôtre n’est ni pire ni meilleure que les précédentes. Elle requiert simplement discernement, créativité et fidélité pour incarner l’appel de Jésus à devenir sa famille en faisant la volonté du Père.

Prière : implorer la grâce de la vraie parenté

Père très saint, toi qui nous as créés pour la communion, nous te rendons grâce d’avoir envoyé ton Fils unique pour nous rassembler dans une famille nouvelle, non selon la chair, mais selon l’Esprit. Par lui, tu nous as appelés à devenir tes enfants bien-aimés, frères et sœurs les uns des autres dans le Christ.

Seigneur Jésus, toi qui as étendu les bras sur la croix pour embrasser l’humanité entière, nous te louons d’avoir révélé que ta vraie famille est celle qui écoute la Parole et la met en pratique. Apprends-nous à reconnaître en chaque personne un frère, une sœur à aimer. Libère-nous des enfermements de l’égoïsme familial et national pour nous ouvrir à la fraternité universelle.

Esprit Saint, toi qui as fait de l’Église le corps du Christ et le temple de ta présence, répands en nos cœurs l’amour qui nous rend capables de nous appeler et de nous traiter mutuellement comme membres d’une même famille. Fais de nos communautés chrétiennes des lieux où se vit réellement la communion fraternelle, où le fort soutient le faible, où le riche partage avec le pauvre, où chacun trouve accueil et dignité.

Marie, Mère de Jésus et mère de l’Église, toi qui as dit « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole », tu as été la première à faire la volonté de Dieu. Toi qui es devenue mère du Sauveur selon la chair, tu es aussi la première disciple, celle qui a cru, espéré, aimé jusqu’au pied de la croix. Apprends-nous à te suivre sur ce chemin d’obéissance d’amour. Obtiens pour nous la grâce de porter le Christ en nous et de l’engendrer dans le cœur de nos frères.

Trinité sainte, toi qui es l’éternelle communion d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit, tu nous as créés à ton image pour que nous vivions dans la communion les uns avec les autres. Pardonne nos divisions, nos jalousies, nos exclusions. Guéris nos familles blessées, restaure les liens brisés, console ceux qui pleurent l’absence ou la trahison des leurs. Fais-nous découvrir que dans la grande famille de ton Église, nul n’est orphelin, nul n’est sans frère, car tu es le Père de tous et Jésus est le frère aîné d’une multitude.

Accorde-nous de vivre dès maintenant comme citoyens du Royaume, membres de ta maison, pierres vivantes de ton temple. Que notre vie quotidienne témoigne de cette appartenance : dans notre foyer, que règne la paix du Christ ; dans notre travail, que transparaisse ton souci de justice ; dans nos relations, que s’exerce la charité fraternelle ; dans nos épreuves, que brille l’espérance qui ne déçoit pas.

Et lorsque viendra le jour où tu nous appelleras auprès de toi, accueille-nous dans ta demeure éternelle où la famille de Dieu sera enfin rassemblée dans l’unité parfaite, où nous te verrons face à face, où nous serons transformés à ta ressemblance, où toute larme sera essuyée et où la mort ne sera plus. Donne-nous de vivre dès ici-bas en avant-goût de cette communion éternelle, dans l’attente joyeuse de ton retour glorieux.

Par Jésus, le Christ, notre Seigneur et notre frère, avec toi, Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

L’invitation qui change tout

Nous voici au terme de notre parcours à travers Marc 3, 31-35, mais au seuil d’un commencement. Car ce texte n’est pas une information à archiver dans notre mémoire théologique ; c’est une invitation pressante à entrer dans une réalité nouvelle, celle de la famille de Dieu. Jésus nous regarde comme il a regardé ceux qui étaient assis autour de lui ce jour-là, et il déclare : « Voici ma mère et mes frères. » Il nous regarde, vous et moi, et dit à son Père : « Voici ma famille. »

Cette parole est à la fois consolante et exigeante. Consolante parce qu’elle nous dit que nous ne sommes jamais seuls : quelle que soit notre histoire familiale, nos blessures, nos échecs, nous avons une place dans la maison du Père, des frères et sœurs qui nous attendent, une appartenance indéfectible. Exigeante parce qu’elle nous appelle à un choix quotidien : faire la volonté de Dieu, concrètement, dans les mille et une situations de notre vie ordinaire.

Faire la volonté de Dieu, ce n’est pas réaliser des exploits héroïques réservés aux saints. C’est aimer fidèlement, pardonner généreusement, servir humblement, prier constamment, témoigner courageusement. C’est choisir la vérité plutôt que le mensonge, la justice plutôt que le profit facile, la pureté plutôt que la compromission, la paix plutôt que la vengeance. C’est accepter que notre vie ne nous appartienne pas totalement, qu’elle soit ordonnée à un dessein plus grand que nos petits calculs.

Alors, que faire maintenant ? Trois choses très simples. D’abord, relisez ce texte de Marc à voix haute, lentement, en vous laissant regarder par Jésus. Ensuite, identifiez une action concrète que vous allez poser cette semaine pour vivre en famille de Dieu : un geste de réconciliation, un service rendu, une prière pour un frère, un engagement dans la communauté. Enfin, parlez-en à quelqu’un : partagez avec un ami, un conjoint, un membre de votre groupe de prière ce que ce passage vous a inspiré. La Parole grandit quand on la partage.

Et rappelez-vous : vous n’êtes pas seul sur ce chemin. Vous marchez entouré d’une « nuée de témoins » (He 12, 1), la grande famille des disciples de tous les temps et de tous les lieux qui ont entendu le même appel et y ont répondu avec leur vie. Avec eux, vous pouvez dire en vérité : « Notre Père… »

Repères pratiques

  • Commencez votre journée en demandant au Seigneur de vous montrer comment faire sa volonté aujourd’hui, dans les circonstances concrètes qui seront les vôtres.
  • Identifiez un membre de votre famille ecclésiale avec qui approfondir la fraternité, passez du simple bonjour dominical à une vraie relation de prière et de soutien mutuel.
  • Lors de l’Eucharistie, regardez autour de vous et prenez conscience que tous ceux qui communient au même pain deviennent avec vous le corps du Christ.
  • Méditez régulièrement la phrase-clé « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère » en vous demandant où vous en êtes.
  • Exercez-vous au discernement en examinant vos décisions importantes : ce choix me rapproche-t-il ou m’éloigne-t-il de Dieu et de mes frères ? Lequel est le plus conforme à la charité ?
  • Participez activement à la vie de votre paroisse ou communauté : un service concret vaut mieux que dix bonnes intentions, car c’est en faisant qu’on devient famille.
  • Priez pour les membres de votre famille biologique tout en les confiant au Seigneur, sans prétendre les contrôler, mais en les accompagnant de votre intercession et de votre témoignage.

Références

Écriture Sainte

  • Marc 3, 20-35 (contexte immédiat de notre péricope)
  • Matthieu 12, 46-50 et Luc 8, 19-21 (parallèles synoptiques)
  • Jean 15, 12-17 (le commandement de l’amour fraternel)
  • Galates 3, 26-29 (baptême et égalité dans le Christ)

Pères de l’Église

  • Origène, Homélies sur saint Luc, XIV
  • Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l’Évangile de Matthieu, XLIV
  • Saint Augustin, Sermons sur l’Évangile de saint Jean, tractatus X

Magistère

  • Concile Vatican II, Lumen Gentium (Constitution dogmatique sur l’Église), chapitre II
  • Pape François, Fratelli Tutti (Encyclique sur la fraternité et l’amitié sociale), 2020

Ouvrages théologiques et spirituels

  • Xavier Léon-Dufour, Dictionnaire du Nouveau Testament, article « Frère »
  • Jean Vanier, La communauté, lieu du pardon et de la fête, Fleurus, 1989

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Lieux mentionnés dans cet article : Capharnaüm Mc 1,21 Jérusalem Ps 122,6
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