- Une accélération qui n’a rien d’anodin
- Deux voies épiscopales, une seule Église blessée
- Le témoignage qui a rouvert la plaie
- La sinisation comme ligne de fracture théologique
- Wenzhou, ou la persécution qui précède et déborde l’accord
- Ce que cette double voie enseigne sur la nature de la communion
- L’unité ecclésiale ne se négocie pas comme un traité
- La fidélité de ceux qui refusent la facilité
- L’échéance de 2028 comme moment de vérité
- Lectio divina
- ✝ Références bibliques
Ce lundi 31 août 2026, dans la province du Shanxi, un homme a reçu l’imposition des mains et le fardeau d’un siège vacant depuis quatre-vingts ans. Monseigneur Paul Liu Honggang devient ainsi le dix-neuvième évêque nommé dans le cadre de l’accord provisoire sino-vatican, le septième que Léon XIV approuve personnellement depuis son élection en mai 2025 — et le troisième en trois mois seulement. Cette accélération soudaine du rythme pontifical survient exactement au moment où un témoignage recueilli auprès d’un évêque chinois resté hors des structures officielles révèle qu’au moins dix prélats auraient été consacrés clandestinement dans la seule province du Fujian depuis 2018, sans mandat pontifical documenté, sans nom rendu public, sans date connue. Deux chronologies avancent donc en parallèle sur le même territoire : celle que Rome publie, communiqué après communiqué, avec des noms, des dates, des lieux ; et celle qui se dérobe, par nécessité de survie, dans l’ombre d’une Église qui refuse de disparaître sous la pression d’un pouvoir qui exige d’elle une allégeance politique avant toute confession de foi.
Ce n’est pas un hasard de calendrier. C’est la manifestation, presque clinique, d’une fracture que l’accord de 2018 devait précisément refermer et qui, huit ans plus tard, continue de courir sous la surface diplomatique comme une faille sismique dont on connaît l’existence sans pouvoir prévoir la prochaine secousse. Comprendre pourquoi ces deux voies épiscopales — l’une visible et négociée, l’autre invisible et désespérée — coexistent aujourd’hui plus que jamais exige de descendre sous la mécanique des communiqués et d’interroger ce que l’Église entend réellement lorsqu’elle parle de communion, de succession apostolique et de fidélité au Christ dans un pays qui exige que ses prêtres soient « chinois d’abord ».
Une accélération qui n’a rien d’anodin
Le calendrier resserré de Léon XIV
Depuis son élection le 8 mai 2025, Léon XIV a validé sept nominations épiscopales chinoises, portant à dix-neuf le nombre total d’évêques nommés dans le cadre du mécanisme convenu entre le Saint-Siège et Pékin depuis la signature de l’accord provisoire, le 22 septembre 2018. La séquence des trois derniers mois est particulièrement dense : le 22 juillet 2026, Monseigneur Giuseppe Chang Yanfeng est ordonné évêque de Chifeng, en Mongolie-Intérieure ; le 29 juillet, Monseigneur Francisco Javier Duan Yongkun devient évêque coadjuteur de Bameng, un diocèse que Rome n’avait jamais formellement reconnu jusque-là ; puis, le 31 août, Monseigneur Paul Liu Honggang est consacré évêque de Datong, dans le Shanxi, un siège resté vacant depuis plus de deux décennies selon les décomptes locaux, voire depuis quatre-vingts ans selon d’autres relevés diocésains. Dans chacun de ces trois cas, la mécanique est identique : élection ou désignation par les structures ecclésiales reconnues en Chine, approbation de la candidature par le pape — pour Liu Honggang, le 10 août —, puis ordination épiscopale rendue publique par le Saint-Siège le jour même de la consécration, jamais avant.
Cette temporalité resserrée n’est pas un détail administratif. Elle traduit une volonté délibérée de Léon XIV de ne pas laisser le dossier chinois s’enliser dans l’attentisme qui avait parfois caractérisé la fin du pontificat précédent. Elle traduit aussi, en creux, la nécessité de répondre — sans jamais le nommer explicitement — au climat de suspicion croissante qui entoure l’accord depuis les révélations publiées quelques jours avant l’ordination de Datong sur l’existence de consécrations clandestines dans le Fujian. Trois nominations rapprochées, documentées, publiques : c’est aussi une manière de dire que la voie officielle produit du fruit visible, tandis que l’autre voie, celle des dix évêques anonymes, reste par définition invérifiable, sans nom, sans date, sans lieu de culte reconnu.
Ce que révèle le cas de Datong
Le diocèse de Datong porte en lui toute l’histoire tourmentée du catholicisme chinois du vingtième siècle. Vacant depuis des décennies, il illustre ce que l’accord de 2018 visait précisément à corriger : des sièges épiscopaux privés de pasteur légitime, laissés à la seule administration de prêtres délégués ou de structures laïques faute d’accord entre Rome et les autorités locales sur un candidat acceptable des deux côtés. La consécration de Monseigneur Liu Honggang referme donc, sur le papier, une plaie ancienne. Mais elle le fait selon un mécanisme dont les termes exacts demeurent confidentiels depuis huit ans, sans qu’aucune des deux parties n’ait jamais publié le texte intégral de l’accord — ni en 2018, ni lors de ses renouvellements successifs en 2020, 2022 et surtout en octobre 2024, date à laquelle il a été prolongé pour quatre années supplémentaires, jusqu’en 2028.
Cette opacité persistante n’est pas un détail technique que l’on pourrait négliger au nom de l’efficacité diplomatique. Elle est au cœur même de la controverse théologique que soulève l’accord : comment l’Église peut-elle demander aux fidèles une confiance pleine et entière dans un mécanisme dont elle refuse elle-même de révéler la teneur ? Le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, avait dénoncé dès la signature initiale cette opacité calculée, qualifiant le communiqué du Saint-Siège de chef-d’œuvre de discrétion consistant à ne rien dire avec beaucoup de mots. Cette critique, loin de s’être éteinte avec le temps, trouve un écho renouvelé précisément au moment où les révélations sur les consécrations clandestines du Fujian viennent rappeler que le silence diplomatique a un coût humain concret, mesuré en détentions, en chapelles fermées et en communautés forcées à la clandestinité.
Deux voies épiscopales, une seule Église blessée
Le témoignage qui a rouvert la plaie
Quelques jours avant l’ordination de Datong, un évêque catholique chinois resté délibérément en dehors de l’Association patriotique catholique chinoise — l’organisme religieux placé sous le contrôle direct du Parti communiste — a livré un témoignage recueilli par un historien spécialiste du catholicisme chinois. Selon ce prélat, dont l’identité est protégée pour des raisons de sécurité évidentes, au moins dix nouveaux évêques auraient été consacrés secrètement dans la seule province du Fujian depuis la signature de l’accord de 2018, sans qu’aucun nom, aucune date ni aucune identité de l’évêque consécrateur ne soit rendue publique. Le motif de ces consécrations, selon ce même témoignage, tient en une formule glaçante : garantir la survie de l’Église en Chine face à une emprise gouvernementale sur les nominations épiscopales et sur la vie quotidienne des diocèses qui n’a cessé de s’étendre depuis huit ans, au point de transformer la situation des communautés clandestines du Fujian en un véritable état d’urgence.
Ce témoignage ne constitue pas une preuve vérifiable au sens strict — l’historien qui l’a recueilli lui-même reconnaît l’absence de noms et de dates précises — mais il porte une charge symbolique considérable, car il révèle une logique interne à l’Église clandestine chinoise : celle qui consiste à préférer l’irrégularité canonique, assumée dans la douleur, à l’extinction pure et simple d’une lignée apostolique locale. C’est une théologie de l’urgence, née de la conviction que sans évêque consacré, même dans la clandestinité la plus totale, une communauté finit par perdre l’accès aux sacrements qui la constituent en Église. Cette logique s’oppose frontalement à celle que défend le Saint-Siège depuis 2018, qui privilégie au contraire la régularisation progressive, diocèse par diocèse, au prix d’une patience diplomatique parfois jugée insupportable par ceux qui en subissent les conséquences sur le terrain.
La sinisation comme ligne de fracture théologique
Le même rapport qui a révélé l’existence de ces consécrations clandestines documente également l’avancée d’une politique de sinisation des religions promue par les autorités chinoises, qui exige désormais des prêtres, évêques, diacres et religieuses de l’Église officielle qu’ils soutiennent explicitement la direction du Parti communiste, le système socialiste et l’interprétation de la doctrine catholique sous la conduite des valeurs socialistes fondamentales. Lors d’une réunion religieuse récente, une religieuse chinoise a résumé cette exigence par une formule qui a choqué nombre de ses coreligionnaires : elle a affirmé être « chinoise d’abord et catholique ensuite », invoquant à tort, selon plusieurs témoins directs, la mémoire du missionnaire belge Vincent Lebbe pour justifier cette hiérarchie des loyautés.
Cette phrase, en apparence anodine, touche pourtant au cœur de ce qui distingue une inculturation légitime — celle que l’Église a toujours pratiquée, du concile de Jérusalem aux missions jésuites en Chine au dix-septième siècle — d’une subordination de la foi à une idéologie politique. L’apôtre Paul, écrivant aux Galates dans un contexte où se posait déjà la question de savoir quelle appartenance devait primer sur quelle autre, tranche cette question avec une netteté qui n’a rien perdu de sa pertinence : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28). Ce verset, trop souvent réduit à une lecture uniquement sociale, porte en réalité une affirmation ecclésiologique radicale : aucune identité nationale, aucune appartenance culturelle, aucune fidélité civile ne peut se substituer à l’unité baptismale qui fonde l’Église. Dire que l’on est « chinois d’abord » avant d’être catholique n’est donc pas une simple maladresse rhétorique ; c’est, littéralement, une inversion de l’ordre que l’apôtre Paul établit comme constitutif de l’identité chrétienne elle-même.
Wenzhou, ou la persécution qui précède et déborde l’accord
Le cas de Monseigneur Peter Shao Zhumin, évêque de Wenzhou dans la province du Zhejiang, illustre à lui seul la porosité tragique entre les deux voies épiscopales que l’actualité chinoise remet aujourd’hui en lumière. Reconnu par Rome depuis sa désignation par Benoît XVI en 2007 comme évêque coadjuteur, puis sa succession effective en 2016, Shao Zhumin n’est en revanche jamais parvenu à obtenir la reconnaissance des autorités chinoises, qui continuent de le décrire comme un prélat ordonné par une institution étrangère. Ses difficultés, antérieures de plusieurs années à la signature de l’accord de 2018, se sont poursuivies sans discontinuer depuis : détentions répétées autour des grandes célébrations liturgiques, périodes dites de rééducation, et selon des estimations transmises à des observateurs extérieurs, jusqu’à quatre-vingt-dix pour cent des chapelles clandestines de Wenzhou auraient été saisies ou fermées dans le cadre des campagnes visant les catholiques refusant d’intégrer l’Association patriotique.
Ce cas démontre que l’accord de 2018, quels que soient ses mérites diplomatiques réels — mettre fin à des décennies de nominations unilatérales par Pékin —, n’a jamais résolu la question de fond posée par l’existence même d’évêques reconnus par Rome mais persécutés par l’État chinois. Il existe donc, structurellement, une troisième catégorie qui brouille la simple opposition entre voie officielle et voie clandestine : celle des évêques pleinement légitimes aux yeux de l’Église universelle, mais que le régime traite comme des criminels. Cette réalité invite à relire la première lettre de Pierre, adressée à des communautés chrétiennes dispersées dans l’Asie Mineure et confrontées à une hostilité civile comparable dans sa nature, sinon dans son intensité : « vous aussi, comme des pierres vivantes, vous êtes édifiés pour former une maison spirituelle, un sacerdoce saint, afin d’offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 P 2, 5). Cette parole, adressée à des chrétiens sans statut légal favorable dans l’empire romain, rappelle que la légitimité ecclésiale ne dépend jamais de la reconnaissance civile — un rappel dont la portée devient presque littérale lorsqu’on l’applique à Shao Zhumin, pierre vivante d’un édifice spirituel que Pékin refuse obstinément de reconnaître, mais que Rome n’a jamais cessé de considérer comme pleinement constitutif de l’Église.

Ce que cette double voie enseigne sur la nature de la communion
L’unité ecclésiale ne se négocie pas comme un traité
La question que pose avec une acuité renouvelée cette coexistence de deux voies épiscopales n’est pas seulement diplomatique ; elle est fondamentalement ecclésiologique. Qu’est-ce qui fait qu’un évêque est véritablement évêque ? La tradition catholique répond avec constance depuis les origines : la succession apostolique, transmise par l’imposition des mains dans la communion avec le successeur de Pierre. Or l’accord de 2018 introduit, de fait, une troisième instance dans ce processus qui était jusqu’alors bipartite — le collège des évêques et le pape — en accordant aux structures étatiques chinoises un rôle de désignation ou d’élection préalable, que Rome se contente ensuite d’approuver ou de refuser. Ce mécanisme, présenté comme transitoire et pastoral, produit paradoxalement l’effet inverse de celui qui justifiait sa création : au lieu de résorber la fracture entre Église officielle et Église clandestine, il a, selon plusieurs analyses convergentes, facilité l’intégration forcée de certaines communautés souterraines dans l’Association patriotique, sous couvert de régularisation canonique.
Cette tension trouve un écho saisissant dans un passage du livre des Actes des Apôtres, où l’on voit les premiers responsables de l’Église naissante affronter une question structurellement proche : comment intégrer dans la communion des croyants dont les pratiques et les allégeances antérieures semblaient incompatibles avec la pureté de la foi transmise par les apôtres, sans pour autant renier ce qui constitue l’essentiel de cette foi ? Le concile de Jérusalem, décrit au chapitre quinze des Actes, tranche cette question non par un compromis silencieux, mais par une délibération publique, argumentée, dont la teneur est ensuite communiquée par écrit à toutes les communautés concernées : « Il a paru bon à l’Esprit Saint et à nous-mêmes de ne vous imposer aucun fardeau au-delà de ce qui est nécessaire » (Ac 15, 28). Ce verset, rarement invoqué dans les débats contemporains, porte une leçon méthodologique précieuse pour évaluer l’accord sino-vatican : la légitimité d’une décision ecclésiale se mesure non à son efficacité diplomatique immédiate, mais à sa transparence devant l’ensemble du corps ecclésial. Or c’est précisément cette transparence que l’accord de 2018 refuse depuis huit ans, en maintenant son texte intégral confidentiel.
La fidélité de ceux qui refusent la facilité
Face à cette opacité institutionnelle, la mémoire des catholiques chinois qui ont refusé, au prix de leur liberté, d’intégrer les structures contrôlées par l’État continue de circuler comme un contre-récit vivant. Le jésuite Zhu Hongsheng, issu d’une famille catholique établie depuis plus de trois siècles et ordonné prêtre en 1944, a passé plus de trente et un ans dans les prisons chinoises entre ses détentions successives, sans jamais renoncer à sa foi ni intégrer l’Association patriotique. Le jésuite Stanislas Shen Baishun, accusé par le régime maoïste d’appartenir à un groupe contre-révolutionnaire lié à des forces étrangères — désignant en réalité le Vatican lui-même — partage ce même refus obstiné. Ces figures, aujourd’hui rappelées par les catholiques chinois eux-mêmes comme des références morales, tracent une ligne de continuité directe avec les évêques anonymes du Fujian consacrés en secret : la conviction que certaines fidélités ne se négocient pas, même lorsque le prix en est l’invisibilité, la prison ou l’oubli.
Il faut néanmoins se garder d’une lecture trop tranchée qui opposerait des héros clandestins à des collaborateurs officiels. Les catholiques qui vivent quotidiennement cette réalité chinoise décrivent une frontière beaucoup moins rigide sur le terrain qu’elle ne le paraît depuis l’extérieur : des fidèles des deux communautés se reconnaissent mutuellement, partagent parfois les mêmes prêtres, et l’idée que les membres de la structure officielle appartiendraient à une Église différente n’existe pratiquement pas dans l’expérience vécue des croyants eux-mêmes. C’est peut-être là le paradoxe le plus fécond de cette situation : l’unité de l’Église chinoise survit précisément là où les institutions civiles et ecclésiastiques échouent à la briser, dans la conscience partagée des baptisés que la communion véritable transcende les catégories administratives que leur imposent tant Pékin que, dans une moindre mesure, la prudence diplomatique romaine.
L’échéance de 2028 comme moment de vérité
L’accord provisoire, prolongé en octobre 2024 pour quatre années supplémentaires, arrivera à son terme en octobre 2028 — un horizon désormais suffisamment proche pour que chaque nomination épiscopale signée par Léon XIV s’inscrive dans une fenêtre temporelle qui se referme inexorablement. Cette échéance transforme la nature même du débat qui agite l’Église depuis 2018. Jusqu’ici, les partisans de l’accord pouvaient invoquer une œuvre de longue haleine, sans terme fixé, une patience ecclésiale à l’échelle des siècles. Les détracteurs, eux, dénonçaient une capitulation sans fin visible. Désormais, les deux camps savent qu’une clôture existe à trois ans de distance seulement — un délai suffisamment proche pour que le prochain renouvellement, ou sa non-reconduction, devienne un acte pleinement engageant pour Léon XIV lui-même, et non plus un simple héritage qu’il se contenterait de faire perdurer sans le questionner.
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Léon XIV1314 articles
Léon XIV, premier pape américain, face à l’IA et au numérique : profil, héritage social de Léon XIII et enjeux…
Accéder au dossier →C’est dans cette perspective que la multiplication récente des nominations — Chifeng, Bameng, Datong — prend tout son sens stratégique. Chaque évêque régulièrement nommé, publiquement reconnu, dont le nom et le parcours sont documentés par le Saint-Siège, constitue un argument tangible en faveur de la poursuite de l’accord, opposable point par point à l’accumulation de témoignages sur les consécrations clandestines et les persécutions qui continuent de frapper les communautés non alignées. Mais cet argument, si solide soit-il en apparence, ne répond pas à la question la plus douloureuse que pose le témoignage venu du Fujian : que vaut une régularisation canonique, si patiente et si méthodique soit-elle, pour les fidèles dont l’évêque légitime a dû être consacré dans le secret, faute de pouvoir espérer, dans un délai raisonnable, une reconnaissance conjointe de Rome et de Pékin ? Cette question restera ouverte tant que le texte de l’accord demeurera confidentiel, et tant que l’échéance de 2028 n’aura pas contraint le Saint-Siège à rendre des comptes vérifiables sur ce que dix années de dialogue auront réellement produit pour les douze millions de catholiques chinois, reconnus ou non par le régime.
Lectio divina
« Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni homme libre ; car tous vous êtes un dans le Christ Jésus » Ga 3, 28
Tu portes, toi aussi, plusieurs appartenances qui se disputent parfois la première place dans ton cœur. Laquelle vient avant ta foi, sans même que tu t'en rendes compte ? Quand ton pays, ta famille ou ton travail exigent une allégeance, où se love ton identité la plus profonde ? Et si l'Église que tu fréquentes t'imposait, comme en Chine, de choisir entre la communion visible et la fidélité invisible, que ferais-tu du silence qui te resterait à porter ?
Seigneur, tu vois les évêques sans nom consacrés dans l'ombre du Fujian. Tu connais les visages que Rome n'a jamais pu publier. Tu tiens la main de ceux qui choisissent la clandestinité plutôt que le reniement. Donne à ton Église la patience qui ne trahit pas et le courage qui ne se résigne pas. Fais de chaque pierre vivante, reconnue ou cachée, un même temple dressé pour toi. Que nulle frontière d'État ne sépare ce que ton Esprit a uni.
Une main invisible pose l'huile sacrée sur un front que nul registre officiel ne portera jamais.
✝ Références bibliques
3 passages · 3 livres
Remettez-lui tous vos soucis, car vous avez du prix à ses yeux. (1P 5,7)
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Vous recevrez une force, celle du Saint-Esprit… vous serez mes témoins. (Ac 1,8)
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Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. (Ga 2,20)
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