- Du pluriel au singulier : une révolution discrète
- La question des interlocuteurs de Jésus
- Le singulier qui change tout
- Celui que Dieu a marqué de son sceau
- Croire : la plus haute activité de l’homme
- Contre les faux malentendus sur la foi
- La foi comme coopération à l’œuvre de Dieu
- Naître à la vie divine
- L’homme vivant : fin et commencement de tout
- L’appel à vivre
- ✝ Références bibliques
Il y a des textes qui ne vieillissent pas. Il y a des hommes dont la parole porte une autorité que les années ne font qu’approfondir. Éloi Leclerc est de ceux-là. Franciscain, déporté à Buchenwald en 1944, survivant d’un univers où Dieu semblait avoir abandonné ses créatures, il a traversé l’enfer et en est revenu non pas brisé, mais transfiguré — avec une sensibilité théologique d’une finesse rare, une capacité à toucher l’essentiel sans jamais l’écraser sous le poids de l’érudition. Ses écrits, qu’il s’agisse du Cantique des créatures commenté ou de ses méditations sur Jean, portent la marque de celui qui a souffert, qui a douté, et qui croit néanmoins — ou plutôt : qui croit d’autant plus parce qu’il a tout traversé.
Le texte qui nous occupe ici est bref, dense, lumineux. Il tourne autour d’un pivot : la distinction johannique entre les œuvres de Dieu (au pluriel) et l’œuvre de Dieu (au singulier). Cette nuance grammaticale, minuscule en apparence, est en réalité une révolution théologique. Éloi Leclerc la saisit avec une précision chirurgicale et la déploie jusqu’à son terme le plus radical : croire, voilà la plus haute activité de l’homme. Voilà une affirmation qui mérite qu’on s’y arrête longtemps, qu’on la retourne dans tous les sens, qu’on la laisse infuser dans nos conceptions souvent trop étroites de ce que signifie être croyant.
C’est ce que nous allons faire ensemble dans cette méditation. Pas à la manière d’un cours magistral, mais comme on marche côte à côte avec un ami sur un chemin qu’on découvre en avançant.
Du pluriel au singulier : une révolution discrète
La question des interlocuteurs de Jésus
Pour entrer dans le texte d’Éloi Leclerc, il faut d’abord comprendre qui sont ces gens qui interrogent Jésus. Ce sont des Juifs fervents, sincères pour la plupart, des hommes et des femmes qui prennent Dieu au sérieux — peut-être même trop au sérieux, dans la mesure où leur sérieux s’est progressivement transformé en système, et le système en cage. Ils demandent : Que faut-il faire pour accomplir les œuvres de Dieu ? C’est une question honnête. Elle reflète une piété réelle, un désir authentique de plaire à Dieu, d’être dans son bon vouloir. Mais elle est posée dans un cadre interprétatif précis, et ce cadre, Jésus va le faire voler en éclats.
Éloi Leclerc note avec justesse que, dans l’esprit de ces interlocuteurs, la volonté de Dieu, c’était avant tout la Loi, les œuvres de la Loi. On ne peut pas les en blâmer. Toute une tradition, plusieurs siècles d’interprétation rabbinique, des générations de scribes et de docteurs avaient construit un édifice impressionnant autour de la Torah. L’obéissance aux 613 commandements n’était pas vécue comme une contrainte arbitraire, mais comme une réponse d’amour à la fidélité de Dieu. Dans le meilleur des cas, c’est-à-dire dans l’esprit de la grande tradition prophétique, la Loi était le chemin vivant de la relation à Dieu. Mais Leclerc pointe le glissement fatal : ces œuvres souvent comprises d’une manière légaliste. Le glissement du chemin à la fin, de la relation à la performance, de l’amour à la comptabilité.
C’est ce glissement que Jésus va couper à la racine — non pas en abolissant la Loi (il l’a dit lui-même : je ne suis pas venu abolir mais accomplir), mais en déplaçant radicalement la question.
Le singulier qui change tout
L’œuvre de Dieu — au singulier. Jésus ne réfute pas la démarche de ses interlocuteurs ; il la recentre sur ce qui en est l’âme profonde. Éloi Leclerc souligne avec force : L’œuvre de Dieu, c’est tout autre chose que les œuvres de la Loi. C’est son grand dessein sur le monde. Le mot dessein est important. Il convoque tout un registre de sens : une intention originaire, une vision d’ensemble, un projet qui précède l’histoire et qui la traverse de part en part. Ce n’est pas une liste de tâches à accomplir ; c’est une direction, une orientation, un mouvement.
Et ce mouvement, selon Leclerc, est fondamentalement un mouvement de vie : Ce dessein est vie et communication de vie. Voilà la définition johannique de Dieu en acte : non pas un législateur qui exige, non pas un juge qui surveille, mais une source qui déborde, une vie qui cherche à se communiquer, à se répandre, à trouver des récepteurs. Saint Jean l’avait formulé dès le prologue de son évangile dans cette densité vertigineuse : En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes (Jn 1,4). L’œuvre de Dieu, c’est que cette vie qui est en lui atteigne l’homme, entre dans l’homme, fasse de l’homme un vivant — pas seulement biologiquement, mais ontologiquement.
Il y a ici une intuition profondément franciscaine chez Leclerc. François d’Assise, son père spirituel, n’avait pas d’abord une théologie systématique ; il avait une expérience — l’expérience d’un Dieu qui se donne, qui se répand, qui déborde dans la Création entière. Le Cantique des créatures, qu’Éloi Leclerc a commenté dans son livre éponyme avec une sensibilité admirable, n’est pas un poème écologiste avant la lettre : c’est la louange d’un homme qui a perçu que toutes choses ruissellent de la générosité divine, que l’œuvre de Dieu est partout à l’œuvre, que la vie elle-même est un don qui ne cesse de se donner.
Celui que Dieu a marqué de son sceau
Pour accomplir ce dessein de vie et de communication, Dieu envoie celui qu’il a marqué de son sceau. L’expression johannique est forte. Le sceau, dans l’Antiquité, c’est la marque d’appartenance absolue, le signe d’une mission confiée, le gage d’une autorité délégée. Celui qui porte le sceau du roi parle au nom du roi ; ses paroles ont valeur royale. Celui qui porte le sceau de Dieu — et c’est ainsi que le quatrième évangile désigne Jésus — est plus qu’un prophète, plus qu’un messager : il est l’envoyé dans lequel Dieu se présente lui-même, se donne lui-même.
Et c’est là que la question des interlocuteurs reçoit sa réponse : L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. Pas faites ceci, pas accomplis cela, pas observe telle règle. Mais : croyez. Un seul verbe. Un seul acte. Une seule réponse à la question de toute une vie.

Croire : la plus haute activité de l’homme
Contre les faux malentendus sur la foi
Il faut ici s’arrêter et déjouer un malentendu fréquent, peut-être le plus dommageable qui soit dans notre culture contemporaine. Quand on entend croire, on entend souvent : admettre quelque chose sans preuve, s’abandonner à une illusion rassurante, régresser vers une pensée magique. La foi serait l’ennemie de la raison, le refuge des esprits faibles, la béquille psychologique des personnes incapables d’affronter la dureté du réel.
Éloi Leclerc, qui a vécu à Buchenwald, n’a pas besoin de répondre longuement à cette caricature. Il l’a traversée de l’intérieur. Il a connu des nuits où Dieu semblait définitivement absent, où la foi pouvait ressembler à un mensonge cruel. Et pourtant, il en est sorti avec cette conviction que la foi est précisément la plus haute activité de l’homme — pas une passivité, pas une capitulation de l’intelligence, mais une activité, un acte, un mouvement de l’être tout entier vers quelque chose — ou plutôt vers Quelqu’un — qui le dépasse infiniment et l’accomplit pleinement.
Ce renversement est fondamental. La foi n’est pas ce qu’on fait quand on ne peut pas connaître ; la foi est ce qu’on fait quand on peut connaître — mais différemment. Elle est la forme la plus haute du rapport de l’homme à la réalité : non pas la saisie, mais l’accueil ; non pas la maîtrise, mais la relation ; non pas l’emprise, mais la confiance.
La foi comme coopération à l’œuvre de Dieu
Mais Leclerc va plus loin encore, et c’est là où son intuition devient particulièrement saisissante. Il ne dit pas seulement que croire est un acte humain élevé. Il dit que c’est l’acte par lequel l’homme coopère à l’œuvre de Dieu. Ce mot de coopération mérite toute notre attention.
Coopérer, c’est agir avec. Non pas simplement obéir à, ni simplement recevoir de, mais agir avec — être un partenaire actif dans un projet commun. Or, ici, le projet commun est rien moins que le grand dessein de Dieu sur le monde : la communication de sa propre vie à l’humanité. En croyant, l’homme ne fait pas qu’acquiescer passivement à ce projet ; il y participe, il le rend possible, il lui donne une chair dans le monde.
Il y a là une théologie de la liberté humaine d’une grande beauté. Dieu ne force rien. Son dessein est vie et communication de vie, mais cette vie ne peut être reçue que librement, dans un acte libre d’accueil. C’est pour cela que Dieu attend la foi. Non pas parce qu’il aurait besoin d’être rassuré sur notre fidélité, mais parce que la vie divine elle-même, par nature, ne peut se donner que là où elle est librement accueillie. L’amour ne se force pas. La grâce ne colonise pas. Elle propose, elle offre, elle attend — et elle attend précisément ce que Leclerc appelle la foi.
Pensez à une simple scène de la vie quotidienne : vous offrez quelque chose de très précieux à un ami. Ce cadeau n’existe vraiment, n’atteint vraiment sa destination, que le jour où votre ami tend les mains et le reçoit. Avant ce geste d’accueil, il y a bien un don potentiel, mais pas encore un don accompli. La foi, dans la théologie johannique que commente Leclerc, est exactement ce geste des mains tendues vers le don de Dieu — et c’est pour cela que c’est un acte capital, un acte sans lequel l’œuvre de Dieu reste en quelque sorte inachevée dans le cœur de l’homme.
Naître à la vie divine
Leclerc emploie une formule belle et précise : par la foi, l’homme naît à la vie divine. L’image de la naissance n’est pas anodine. Elle renvoie à toute la théologie johannique de la régénération, celle qu’on trouve dans le dialogue avec Nicodème (il faut naître de nouveau, naître d’eau et d’Esprit, Jn 3,5), celle que l’Épître aux Galates formule dans l’un de ses accents les plus personnels : Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2,20).
Naître, c’est passer d’un mode d’existence à un autre. Ce n’est pas une amélioration de soi, une optimisation de ses performances morales ou spirituelles. C’est une mutation ontologique. L’homme qui croit ne devient pas simplement un homme meilleur ; il devient, au sens fort du terme, un autre — non pas parce que sa personnalité serait effacée, mais parce que sa source de vie change. Il est désormais branché, si on peut dire, sur une autre source : la vie même de Dieu, que les Pères de l’Église appelaient la zōē — la vie en plénitude, par opposition au simple bios, la vie biologique.
Éloi Leclerc, nourri par l’expérience franciscaine de la joie radicale et par l’expérience tragique de Buchenwald, savait mieux que quiconque que cette vie divine n’est pas une promesse abstraite pour l’au-delà. Elle se vit maintenant, dans le corps et dans le temps, jusque dans la souffrance — peut-être même surtout dans la souffrance, là où l’on découvre qu’une vie plus profonde que la vie biologique vous habite et vous tient debout.

L’homme vivant : fin et commencement de tout
La vie comme don par excellence
L’œuvre de Dieu, vers laquelle tend toute sa création, c’est l’homme vivant. Voici la phrase qui synthétise tout. Leclerc reprend ici, implicitement, la formule célèbre d’Irénée de Lyon : Gloria Dei, vivens homo — la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. Formule qui a souvent été mutilée, puisqu’Irénée ajoutait immédiatement : et vita hominis, visio Dei — et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu. L’homme vivant de la pleine vie n’est pas simplement l’homme heureux, épanoui, psychologiquement équilibré (bien que tout cela ne soit pas exclu). C’est l’homme habité par Dieu, l’homme en relation consciente et aimante avec sa Source.
Cette vie divine, insiste Leclerc, est un don, le don par excellence. Le mot don est peut-être le mot clé de toute la spiritualité johannique, et Leclerc en fait le pivot de sa réflexion. Pourquoi don par excellence ? Parce que c’est le seul don que Dieu ne pouvait pas donner de l’extérieur, le seul don qui requiert un consentement intérieur pour exister vraiment. On peut donner à quelqu’un de l’argent, du temps, de l’énergie sans qu’il le demande. Mais on ne peut pas donner à quelqu’un la vie divine sans qu’il l’accueille — parce que cette vie est précisément une vie de relation, et la relation suppose deux pôles libres.
C’est pour cela que la foi est à la fois un don et un acte. Un don parce que la capacité même de croire ne vient pas de nous ; elle est suscitée par la grâce, appelée par l’amour divin qui nous précède toujours. Un acte parce que, dans la foi, l’homme répond librement à cet appel, se lève pour aller au-devant du don, tend les mains pour le recevoir. La foi n’est pas une mécanique divine dans laquelle l’homme serait une simple pièce ; elle est le lieu de rencontre où la liberté divine et la liberté humaine se touchent.
Une foi qui engage tout l’être
Il faut insister sur ce point contre deux dérives symétriques et également appauvrissantes. La première dérive réduit la foi à une affaire d’intellect : croire, ce serait adhérer à des propositions doctrinales, signer une liste de dogmes, cocher des cases dans un formulaire confessionnel. La seconde dérive réduit la foi à une affaire de sentiment : croire, ce serait ressentir une émotion intense lors des célébrations, vivre des expériences spirituelles fortes, avoir un feeling pour Dieu.
Leclerc échappe à ces deux réductions parce que sa vie même les contredit. Un homme qui a vécu Buchenwald ne peut pas réduire la foi à un sentiment — il a connu des jours où le sentiment était mortellement absent. Un homme franciscain ne peut pas réduire la foi à une doctrine — la tradition de François est trop charnelle, trop incarnée, trop sensible à la beauté du créé pour s’enfermer dans le seul espace des idées.
La foi, dans sa plénitude, engage l’intelligence (elle cherche à comprendre ce qu’elle croit, selon la formule anselmienne : fides quaerens intellectum), le cœur (elle aime ce vers quoi elle s’élance), et la volonté (elle décide de se laisser orienter par ce qu’elle pressent de vrai). Elle engage aussi, finalement, le corps — parce qu’une foi vraiment incarnée se manifeste dans des actes, dans une manière de se tenir dans le monde, de regarder les autres, de traverser la souffrance.
Et c’est précisément cette foi totale, engageante, que Jésus désigne comme l’œuvre de Dieu — non pas parce qu’elle serait une performance supplémentaire à ajouter à la liste des œuvres religieuses, mais parce qu’elle est le mouvement fondamental de l’être humain vers sa Source, le retour de la créature vers son Créateur, l’accueil du don qui fait vivre.
La foi et le paradoxe de l’agir humain
Il y a un dernier paradoxe, et il est vertigineux : croire est à la fois la chose la plus accessible et la plus difficile qui soit. La plus accessible parce qu’elle n’exige pas de compétences particulières, pas de diplômes, pas de performances. L’enfant croit avec autant de profondeur que le théologien — parfois plus, comme Jésus lui-même le souligne dans les évangiles. La femme simple, le vieillard silencieux, le mourant qui n’a plus la force de parler mais qui serre une main dans la sienne — tous peuvent croire, tous peuvent accomplir l’œuvre de Dieu.
Et pourtant, la foi est aussi la chose la plus difficile. Non pas intellectuellement difficile (quoique…), mais existentiellement difficile. Parce que croire, vraiment croire, c’est lâcher prise. C’est accepter que ma vie ne m’appartienne pas entièrement, que mon identité la plus profonde soit un don reçu et non une conquête accomplie. C’est accepter la dépendance — et dans une culture qui érige l’autonomie en valeur suprême, c’est une révolution intérieure considérable. C’est accepter que l’œuvre la plus importante que je puisse accomplir n’est pas ce que je construis, mais ce que je reçois — et comment je me laisse transformer par ce que je reçois.
Éloi Leclerc, survivant de Buchenwald, savait quelque chose de fondamental sur ce lâcher-prise. Quand tout est perdu — la liberté, la dignité, la force physique, parfois les amis et les proches —, il reste quelque chose que personne ne peut arracher, que les bourreaux ne peuvent pas confisquer : la capacité de dire oui ou non à la vie, la capacité de s’ouvrir ou de se fermer à ce qui vous dépasse. La foi n’est pas un luxe spirituel pour les jours sereins ; elle est la ressource dernière pour les jours de ténèbres.
Et c’est pourquoi croire est la plus haute activité de l’homme : non pas parce qu’elle est la plus impressive ou la plus visible, mais parce qu’elle touche l’homme à sa profondeur la plus irréductible — là où il est libre, là où il est unique, là où il peut dire oui à Dieu et coopérer ainsi à l’œuvre la plus grande qui soit : la communication de la vie divine au cœur de l’histoire humaine.

L’appel à vivre
Cette méditation du père Leclerc, si brève dans sa forme et si ample dans sa portée, nous laisse avec quelques questions qui méritent d’être emportées dans notre vie quotidienne.
Pour la vie personnelle : Comment est-ce que je comprends ma foi ? Est-ce que je la vis encore comme une liste de choses à faire — aller à la messe, prier le matin, éviter tel péché — ou est-ce que je commence à la percevoir comme un mouvement plus profond, une orientation fondamentale vers la vie, vers Dieu qui est vie ? La distinction entre les œuvres de la Loi et l’œuvre de Dieu n’est pas une invitation à négliger les pratiques religieuses ; c’est une invitation à les habiter de l’intérieur, à retrouver dans chaque geste religieux le geste plus profond de la foi, l’accueil du don.
Pour la vie communautaire : Est-ce que nos communautés chrétiennes ressemblent davantage à des structures légalistes ou à des espaces où la vie divine peut circuler librement ? Est-ce que nos Églises facilitent la foi comme acte vivant, ou est-ce qu’elles l’alourdissent sous des couches de règles et de contrôle ? La question n’est pas rhétorique ; elle est urgente.
Pour le dialogue avec le monde : Dans une culture qui ne sait plus très bien ce que croire veut dire, le témoignage le plus éloquent n’est pas un discours apologétique, mais une vie — une vie visiblement plus vivante que la moyenne, une vie qui rayonne cette zōē dont parle Jean, ce surplus d’existence que la foi rend possible. Éloi Leclerc en était l’exemple vivant : un homme qui avait tout vu de la barbarie humaine et qui continuait d’écrire, de prier, de transmettre — non pas par déni de la réalité, mais parce qu’il avait goûté à une vie que la mort ne peut pas entamer.
L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez. Pas : accomplissez ceci ou cela. Pas : prouvez votre valeur. Pas : méritez votre place. Simplement : croyez — tendez les mains, ouvrez le cœur, accueillez la vie. C’est à la fois tout simple et immensément exigeant. C’est le programme d’une vie entière. Et c’est, selon la belle formule d’Éloi Leclerc, la plus haute activité dont l’homme soit capable.
Bonne nouvelle : c’est aussi la plus accessible.
Méditation inspirée du texte d’Éloi Leclerc, o.f.m. (1921–2016), prêtre franciscain, survivant de Buchenwald, auteur notamment de Sagesse d’un pauvre et du commentaire Le Cantique des créatures ou les symboles de l’union. Les citations en italique sans guillemets sont des reformulations du texte source ; les citations entre guillemets sont des citations directes du texte. Références bibliques : Jn 1,4 ; Jn 3,5 ; Ga 2,20.
✝ Références bibliques
3 passages · 2 livres
Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. (Ga 2,20)
Libération de la Loi par la foi : contre le légalisme, pour la vie selon l'Esprit.
→ Explorer le Codex Galates- Quatre sessions, zéro vote : le consistoire de Léon XIV ou l’art de gouverner en silence
- « Je ne puis accepter » : la lettre du Mercredi des Cendres et le gouffre doctrinal entre Rome et la FSSPX
- Le Chemin néocatéchuménal à l’épreuve de l’unité : entre fécondité missionnaire et tensions liturgiques
- « Ne soyons pas des esclaves numériques » : le cardinal Advincula, Magnifica Humanitas et le cri des travailleurs de l’ombre à Manille

Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. (Jn 3,16)
L'Évangile du Verbe : profonde théologie de l'Incarnation et des signes de Jésus.
→ Explorer le Codex Jean- Il nous a destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils (Rm 8, 28-30)
- Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde (Jn 1, 29-34)
- Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde (Jn 1, 29-34)
- C’est lui qui vient derrière moi (Jn 1, 19-28)
- Le Verbe s’est fait chair (Jn 1, 1-18)
- Des trous de lumière : quand les blessures du Christ deviennent des fenêtres sur Dieu
- Lui, le plus grand : Jean Baptiste, récapitulation de toute la sainteté
- Voir son Visage : le Christ, icône vivante du Père
- Celui sur qui l’Esprit demeure : méditation sur la présence qui ne s’efface pas
- Quand la torche passe : le dernier témoignage de Jean-Baptiste
- J’ai trouvé celui que mon âme désire (Ct 3, 1-4a)
- Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé (Jn 3, 16-18)
- Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main (Jn 3, 31-36)
- Dieu a envoyé son Fils dans le monde, pour que, par lui, le monde soit sauvé (Jn 3, 16-21)
- Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme (Jn 3, 7b- 15)
- Guérir avec le Christ : comment l’Église continue l’œuvre du Médecin des âmes et des corps
- « Je prie pour eux » — L’intercession du Christ, cœur battant de notre salut
- Venir à la lumière : quand le bon travail laisse voir Dieu
- Le Christ seul ? La descente et la montée du Verbe selon Jean Scot Érigène
- Quand le vent brise tout : Nicodème, Bresson et le surgissement d’une liberté

