- Un épiscopat reçu dans la guerre
- Des religieux devenus évêques
- La règle comme école de gouvernement
- Le pasteur selon Paul aux anciens d’Éphèse
- Le temps de la formation fraternelle
- Servir un peuple blessé
- Les priorités d’un évêque de l’arrière-pays
- La tendresse comme forme de l’autorité
- Consoler sans trahir la vérité
- Une Église minoritaire qui s’enracine
- Ce que cette ordination vous demande
- Prier pour ceux qui portent la croix pectorale
- Soutenir l’Église d’Ukraine concrètement
- Une espérance qui ne dépend pas des armistices
- Lectio divina
- ✝ Références bibliques
28Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang.
7alors que nous aurions pu, comme apôtres du Christ, prétendre à quelque autorité, nous avons été au contraire plein de condescendance au milieu de vous. Comme une nourrice entoure de tendres soins ses enfants,
16Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui était égarée, je panserai celle qui est blessée et je fortifierai celle qui est malade ; mais celle qui est grasse et celle qui est forte, je les détruirai ; je les paîtrai avec justice.
Un épiscopat reçu dans la guerre
Deux dates, deux rites, un seul collège
Le 1er octobre, dans la cathédrale des saints Pierre et Paul de Tchortkiv, le père Terentiy Vasyl Tsapchuk, moine basilien de quarante-six ans, a reçu l’ordination épiscopale des mains de Sviatoslav Chevtchouk. Il devient évêque auxiliaire de Buchach, dans l’Église gréco-catholique ukrainienne. Deux jours plus tard, aujourd’hui même, le père Serhii Kippa, capucin de quarante-sept ans, est ordonné évêque auxiliaire de Kiev-Jytomyr, dans l’Église latine. La cérémonie a lieu dans la co-cathédrale Saint-Alexandre de Kiev. Deux rites, deux traditions religieuses, deux fils de saints : et la même imposition des mains, reçue au même moment où tombent les drones.
Ne lisez pas ces nominations comme un simple mouvement administratif. Le registre ecclésiastique inscrit des dates, des titres, des sièges. Il ne dit rien de ce que signifie, pour un peuple en guerre depuis plus de quatre ans, de voir surgir de ses propres rangs deux hommes de moins de cinquante ans qui acceptent de porter la charge pastorale. Un évêque ordonné en temps de paix reçoit un diocèse. Un évêque ordonné sous les alertes aériennes reçoit des veuves, des orphelins, des prêtres épuisés, des cimetières neufs. La mitre y pèse autrement.
L’Église ukrainienne n’attend pas la fin du conflit pour se donner des pasteurs. Elle affirme, par ces deux ordinations, que la vie ecclésiale ne se suspend pas aux calendriers de la diplomatie. Le Christ n’a pas dit aux apôtres d’attendre une trêve pour devenir pêcheurs d’hommes. Cette obstination tranquille est déjà une parole d’espérance, et elle s’adresse à chacun de vous, loin des fronts.
Un signe d’unité entre Rome et l’Orient
La simultanéité mérite qu’on s’y arrête. L’Église catholique respire, selon le mot de Jean-Paul II, « à ses deux poumons ». L’Ukraine en offre une image saisissante : une Église orientale de rite byzantin, héritière du baptême de la Rus’ de Kiev et solidement implantée dans l’ouest du pays, et une Église latine minoritaire, dispersée, qui vit surtout de la fidélité de quelques communautés. Beaucoup d’observateurs voient dans la première le troisième groupe religieux du pays. La seconde compte peu de fidèles, mais elle tient debout par la ténacité de ses religieux. Or voici que le Saint-Père Léon XIV nomme, pour Kiev-Jytomyr, un frère mineur capucin, et que le Synode des évêques gréco-catholiques élit, avec l’assentiment du pape, un basilien pour Buchach. Les deux hommes ne viennent pas du clergé diocésain classique : ils sortent du cloître. Ils portent l’un le froc brun de François d’Assise, l’autre la règle de Basile de Césarée. L’Église, au moment où elle manque de bras, va chercher des hommes formés à la vie fraternelle, à la pauvreté et à l’obéissance. Elle sait que le front, c’est aussi la communauté.Dans un pays où les confessions chrétiennes ont été longtemps rivales, voire dressées les unes contre les autres, cette double ordination dit quelque chose de la catholicité vécue. Elle ne fusionne pas les rites, elle les honore. Elle rappelle aussi que l’unité ne passe pas par l’uniformité. Quand Rome écoute l’Orient et que l’Orient regarde vers Rome, le Christ se reconnaît dans la diversité des liturgies.

Des religieux devenus évêques
La règle comme école de gouvernement
Le père Tsapchuk est entré chez les basiliens le 4 novembre 1998, à dix-huit ans. Il a prononcé ses vœux perpétuels en 2006 et reçu le sacerdoce en 2007. Le père Kippa, lui, est devenu prêtre en 2010. Il a ensuite consacré six années à la pastorale des vocations et à la formation des novices, avant de diriger la custodie des capucins d’Ukraine de 2022 à 2026. Il a donc assumé cette responsabilité dès les premiers mois de l’invasion à grande échelle. Quatre années de supériorat dans un pays où l’on ne sait plus, au matin, quel frère sera évacué, mobilisé ou déplacé : c’est une école de gouvernement plus exigeante que bien des séminaires.
Le religieux apprend ce que le simple administrateur ignore souvent : gouverner, c’est d’abord écouter. La règle de saint Benoît, que Basile de Césarée a précédée et inspirée, demande au supérieur de se souvenir qu’il rendra compte des âmes qui lui sont confiées. François d’Assise, de son côté, appelait ses frères « mineurs » pour qu’aucun ne se prenne pour un maître. Un évêque formé à cette discipline sait qu’il n’est pas le propriétaire du troupeau. Il en est le serviteur, parfois le dernier.
Cette formation compte particulièrement pour un évêque auxiliaire. Il n’est pas le premier de son diocèse, il seconde. Il ne signe pas toujours, il accompagne souvent. Cette position seconde, qui pourrait sembler une demi-mesure, est en réalité la plus conforme à l’Évangile : celle de celui qui porte le poids sans en réclamer la gloire. Elle épouse la logique de la vie religieuse, où l’on apprend à servir sans chercher la première place.
Le pasteur selon Paul aux anciens d’Éphèse
Dans le discours d’adieu de Milet, Paul adresse aux presbytres d’Éphèse un avertissement qui résonne étrangement aujourd’hui : « Soyez attentifs à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel l’Esprit Saint vous a établis responsables » (Ac 20, 28). L’apôtre ne parle pas d’un honneur, mais d’une vigilance. Il sait que des loups viendront, que le troupeau sera malmené, que les pasteurs eux-mêmes seront tentés de se disperser. Ce verset est moins fréquenté que d’autres textes sur le ministère, et il mérite pourtant d’être relu dans une Ukraine où l’on connaît trop bien la figure du loup.
Remarquez l’ordre des mots : d’abord « vous-mêmes », ensuite « tout le troupeau ». Le pasteur qui s’oublie finit par ne plus pouvoir nourrir personne. Pour un moine, cette parole résonne comme un écho de la règle : veiller sur sa propre âme afin de veiller sur celle des autres. Les deux nouveaux évêques arrivent avec cette habitude. Leur première tâche sera de tenir debout intérieurement, car on ne console pas les endeuillés avec une foi fatiguée.
Il faut aussi observer que l’Esprit « établit » les responsables. Le verbe n’est pas administratif. Il dit une initiative divine qui précède toute procédure. Les procédures existent, elles sont nécessaires : élection synodale pour l’un, nomination pontificale pour l’autre. Mais l’Église croit que, derrière ces rouages, l’Esprit agit. Cette conviction empêche de réduire l’épiscopat à une fonction et libère l’évêque de la tentation de se croire indispensable.
Le temps de la formation fraternelle
Les deux hommes appartiennent à une génération née à la fin de l’Union soviétique. Le père Tsapchuk est venu au monde en 1980, le père Kippa en 1978. Ils ont grandi quand les églises rouvraient, quand les ordres religieux sortaient de la clandestinité, quand l’Église gréco-catholique, longtemps supprimée, retrouvait le jour. Ils sont des fruits de la résurrection d’une Église que l’on avait crue morte. Leur sacre est donc un signe de continuité, presque une preuve vivante que les catacombes portent du fruit.
On ne mesure pas assez ce que cette mémoire apporte à leur ministère. Leurs aînés ont connu les prisons, les camps, le silence imposé. Eux ont reçu la liberté comme un héritage et la guerre comme une épreuve nouvelle. La transmission qu’on leur confie n’est pas abstraite : elle passe par des visages de vieux prêtres qui ont célébré en secret, et par ceux de jeunes séminaristes qui partent peut-être demain sous l’uniforme. L’évêque se trouve entre deux générations de témoins.
Cette position d’entre-deux fait sa force pastorale. Il peut parler aux anciens sans les trahir et aux plus jeunes sans les juger. Il sait, par son propre parcours, qu’une vocation naît souvent dans la fragilité. Lorsque le père Kippa a longtemps accompagné des novices, il a vu des hommes hésitants devenir fermes. Cette expérience, il la portera au milieu d’un clergé éprouvé. Elle est un trésor discret, mais décisif.
Servir un peuple blessé
Les priorités d’un évêque de l’arrière-pays
Avant son ordination, Mgr Tsapchuk a énoncé ses premières priorités pour Buchach. Il veut d’abord soutenir les prêtres du diocèse et développer entre eux des relations fraternelles. Il souhaite ensuite renforcer la catéchèse. Il compte enfin venir en aide aux personnes frappées par la guerre. L’ordre de ces trois chantiers est éloquent : on commence par ceux qui servent, on poursuit par l’enseignement, on finit par la charité concrète. Ce n’est pas une hiérarchie de valeurs, c’est une pédagogie de la durée.
Soutenir les prêtres, c’est reconnaître qu’ils sont, eux aussi, des blessés. Beaucoup ont enterré des paroissiens tombés au front, accueilli des déplacés, accompagné des familles sans nouvelles. Ils n’ont pas toujours le loisir de se reposer ni de pleurer. Un évêque qui visite, qui écoute, qui partage la table, rend à ses prêtres quelque chose de l’Évangile que le prêtre lui-même distribue aux autres. La fraternité presbytérale n’est pas un luxe, mais une condition de survie spirituelle.
La catéchèse, quant à elle, devient plus urgente que jamais. Une population traumatisée pose des questions que les formules toutes faites ne couvrent plus : pourquoi Dieu permet-il cela, comment pardonner, que dire à un enfant dont le père ne reviendra pas ? Une catéchèse digne de ce nom ne répond pas par des slogans. Elle apprend à habiter le silence de Dieu sans y perdre la foi. Il s’agit de former des chrétiens capables de tenir debout, et non de les protéger du réel.
La tendresse comme forme de l’autorité
Quand Paul évoque son propre ministère auprès des Thessaloniciens, il emploie une image que les évêques de tous temps ont peu osé reprendre : « Nous avons été pleins de douceur au milieu de vous, comme une mère qui entoure de soins ses propres enfants » (1 Th 2, 7). La comparaison est audacieuse. L’apôtre ne se présente pas comme un chef, mais comme une nourrice. Il ne distribue pas des ordres, il offre sa chaleur. Dans un pays qui souffre de la brutalité, cette douceur n’est pas une faiblesse. C’est la forme la plus exigeante de la force.
La tendresse n’exclut pas la fermeté. Mais elle en change la source. Le pasteur ne durcit pas ses brebis pour les protéger : il les console pour qu’elles tiennent. Cette orientation rejoint ce que le pape Léon XIV, depuis son élection en 2025, répète avec constance : la paix ne sera pas qu’un équilibre de forces, elle exige un désarmement des cœurs. Récemment encore, le Saint-Père a proposé que le Vatican accueille des pourparlers entre l’Ukraine et la Russie. L’Église n’a ni divisions blindées ni sanctions économiques. Elle a des lieux de rencontre et des mains ouvertes.
Les deux nouveaux évêques incarnent cette autorité désarmée. Leur légitimité ne vient ni de la puissance ni de la politique, mais de l’imposition des mains. Dans une société où les uniformes ont gagné en prestige, il est précieux que des hommes en habit religieux gardent la liberté de dire autre chose que la logique de guerre. Non pour nier la légitime défense, que l’Église ne condamne pas, mais pour rappeler qu’aucune victoire ne dispense du pardon.
Consoler sans trahir la vérité
Rien ne serait plus faux que de présenter la mission épiscopale comme un simple accompagnement psychologique. L’évêque est aussi gardien de la vérité. Le prophète Ézéchiel reproche aux mauvais bergers de ne pas avoir fortifié les brebis malades ni soigné les blessées, et il annonce la réponse de Dieu : « Je chercherai la brebis perdue, je ramènerai l’égarée, je panserai celle qui est blessée, je fortifierai celle qui est malade » (Ez 34, 16). Les verbes sont concrets : chercher, ramener, panser, fortifier. Le Seigneur énumère ses gestes comme un médecin de campagne.
Cette liste est un programme pastoral pour les territoires ukrainiens. Chercher les brebis perdues, ce sont les déplacés, les isolés, ceux qui ont cessé de venir à l’église parce qu’ils ne supportent plus les chants. Ramener les égarées, c’est accueillir ceux dont la colère contre Dieu a pris la place de la prière. Panser les blessées exige des centres d’écoute et des aumôneries. Fortifier les malades demande d’oser parler de résurrection sans se hâter, au milieu même du deuil.
Cette pastorale s’accompagne d’une exigence de vérité. Dire la vérité sur la guerre, c’est nommer l’agression, refuser la banalisation de la violence, honorer les morts sans les instrumentaliser. Dans ce contexte, l’évêque n’a pas la liberté de se taire, mais il a le devoir de ne parler qu’après avoir écouté. Là encore, la formation religieuse sert : le silence du cloître enseigne le poids des mots. Un évêque qui parle peu parle souvent mieux.
Une Église minoritaire qui s’enracine
Le diocèse de Kiev-Jytomyr, où servira le père Kippa, appartient à une Église latine qui représente une petite minorité dans un pays majoritairement orthodoxe. Cette situation de diaspora intérieure est un défi, mais aussi une grâce. Une minorité ne peut pas compter sur le nombre : elle doit compter sur la qualité de ses liens. Les paroisses latines d’Ukraine sont souvent petites, mais elles sont profondément unies, nourries par des religieux, des sœurs et des laïcs courageux qui font beaucoup avec peu.
Un capucin est bien placé pour comprendre ce paradoxe. L’ordre de François s’est constitué dans la pauvreté des moyens, la simplicité des lieux, la proximité avec les petits. Un évêque capucin saura probablement se contenter de peu et reconnaître l’essentiel dans les gestes simples : une soupe partagée, une visite, une messe dans une cave. Il ne dirigera pas depuis un bureau. Il ira sur les routes, comme les frères mineurs sont toujours allés.
Il y a là une leçon pour toute l’Église, y compris celle qui vous entoure. Partout, les communautés chrétiennes deviennent plus petites et plus fragiles. Elles apprennent à compter sur la fraternité plutôt que sur le prestige. L’Ukraine, en ce sens, n’est pas seulement un lieu de souffrance, c’est un laboratoire de ce que sera peut-être la foi de demain : concrète, solidaire, dépouillée, résolument tournée vers les pauvres.

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Prier pour ceux qui portent la croix pectorale
Le premier geste que ces ordinations vous invitent à accomplir est le plus simple : prier. Non d’une prière générale pour « la paix » dont on ne sait plus à qui elle s’adresse, mais d’une prière nominale. Dans la liturgie, la prière eucharistique mentionne l’évêque du lieu par son nom. Ajoutez les noms de Terentiy et de Serhii à votre intercession. Les saints d’Antioche écrivaient déjà à Ignace d’Antioche que l’on ne fait rien sans l’évêque. Le pasteur et son peuple se tiennent mutuellement, comme les cordes d’une lyre.Cette intercession a une efficacité spirituelle réelle. Elle relie les régions du monde que la géographie sépare. Un fidèle de Bagnolet, de Montréal ou de Kinshasa peut ainsi soutenir un évêque de Buchach. La communion des saints n’a pas de frontière, et cette solidarité invisible tient parfois plus fermement que les alliances officielles. Elle rappelle que le corps du Christ ne se fragmente pas en nations.
Il ne s’agit pas de se donner bonne conscience. La prière authentique engage. Celui qui prie pour un évêque d’Ukraine s’expose à entendre une invitation plus concrète : donner, s’informer, accueillir. Ne craignez pas cette suite. Elle vient de l’Esprit, qui n’aime pas que la prière demeure à l’état d’intention.
Soutenir l’Église d’Ukraine concrètement
Après la prière, il y a la charité structurée. Les diocèses ukrainiens, gréco-catholiques comme latins, organisent des aides pour les déplacés, les blessés, les familles de soldats, les enfants traumatisés. Les œuvres caritatives d’Église transmettent ces dons avec sérieux. Pour un laïc, un petit don régulier a plus de valeur qu’un élan ponctuel. Il offre aux pasteurs la possibilité de planifier, de programmer, de tenir sur la durée, ce qui est exactement l’enjeu d’une guerre qui s’éternise.
Le soutien peut aussi prendre la forme de l’accueil. Dans plusieurs pays d’Europe, des communautés ukrainiennes de rite byzantin prient dans des chapelles prêtées par des paroisses latines. Cette hospitalité liturgique est un petit miracle d’Église. Elle permet à des réfugiés d’entendre leur langue sacrée et de prier selon leur tradition. Si vous avez un lieu, une salle, une heure disponible, proposez-les. Il suffit parfois d’un geste.
Enfin, vous pouvez soutenir en vous informant honnêtement. La lassitude médiatique guette tous ceux qui suivent une guerre longue. Elle est compréhensible, mais elle abandonne les victimes à leur solitude. Lire, écouter, parler de l’Ukraine à votre entourage, c’est refuser l’oubli. La charité commence par l’attention, et l’attention est déjà une forme de prière.
Une espérance qui ne dépend pas des armistices
Il reste à dire ce que ces deux ordinations enseignent sur l’espérance. L’espérance chrétienne ne se mesure pas aux communiqués. Elle repose sur la promesse d’un Dieu qui n’abandonne pas. Deux hommes acceptent aujourd’hui une charge lourde, dans un pays que nul ne sait quand il sera en paix : cela suffit à manifester que la foi n’est pas un calcul de probabilités. Elle est une fidélité qui précède les résultats.
Cette fidélité a sa beauté propre. Elle ne méprise pas le réel, elle s’y enfonce. Elle sait que les cathédrales peuvent trembler, que les clochers peuvent être touchés, que les cérémonies peuvent être interrompues par une alerte. Mais elle sait aussi que le Christ se tient dans la barque, même endormi. Les évêques de demain n’auront pas à promettre des lendemains faciles. Ils auront à offrir une présence.
Ainsi, ces deux évêques, l’un basilien, l’autre capucin, deviennent à leur manière des signes pour toute l’Église. Ils rappellent que l’Évangile n’est pas une théorie de consolation, mais une vie donnée. À vous maintenant de prolonger cette parole dans vos propres lieux, par une prière, un geste, un regard. Et si vous cherchez un mot d’ordre pour ce temps, reprenez celui de l’apôtre : donner non seulement l’Évangile, mais sa propre vie.
Lectio divina
« Nous aurions voulu vous donner non seulement l'Évangile de Dieu, mais jusqu'à notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers » 1 Th 2, 8
Qui t'est devenu si cher que tu accepterais de lui donner plus que des mots ? Et que garderais-tu encore pour toi, si l'on te demandait tout ? Peut-être n'as-tu jamais laissé personne t'être aussi cher. Quel visage, ce soir, attend ta présence plutôt que tes conseils ?
Seigneur, tu es le Pasteur qui ne dort pas. Regarde les évêques que tu viens d'envoyer, avec leurs mains neuves et leur peur discrète. Donne-leur la douceur de la nourrice et la patience du laboureur. Que leur voix soit un pain tiède dans les caves où l'on prie. Que leur table soit ouverte aux fatigués et aux endeuillés. Garde-moi de parler d'amour sans le payer. Apprends-moi à donner ma vie en petite monnaie, chaque jour, jusqu'au soir.
Une lampe à huile brûle dans une chapelle froide, et sa flamme minuscule tient tête à la nuit entière.
✝ Références bibliques
3 passages · 3 livres
Priez sans cesse, rendez grâce en tout. (1Th 5,17-18)
Première lettre de Paul : encouragement à la sainteté et enseignement sur la résurrection.
→ Explorer le Codex 1 Thessaloniciens
Vous recevrez une force, celle du Saint-Esprit… vous serez mes témoins. (Ac 1,8)
La naissance et l'expansion de l'Église de Jérusalem jusqu'à Rome sous l'action de l'Esprit.
→ Explorer le Codex Actes des Apôtres- Deux calendriers, une seule Mère : ce que le 28 août dit de la blessure et de l’espérance entre Rome et Moscou
- Calapan : la terre a tremblé, l’Église s’est levée
- Chine : seize évêques en un temps record, et la question que l’accord ne résout pas
- Moscou contre Constantinople : quand la guerre religieuse fragilise l’Église catholique sans pasteur

Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. (Ez 36,26)
Visions apocalyptiques, oracles de jugement et promesse de restauration d'Israël.
→ Explorer le Codex Ézéchiel- Massachusetts : quand l’État ouvre les archives que l’Église n’osait pas rouvrir
- Une plaie ouverte ne se commente pas : Rome, Lourdes et le devoir de la guérir
- Divorcés remariés : quand Léon XIV demande à l’Église de regarder ce que la miséricorde est devenue
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En Ukraine, les catholiques représentent aujourd’hui une minorité significative, surtout à travers l’Église gréco-catholique et les communautés latines de l’ouest du pays. Les racines chrétiennes remontent à la conversion de l…
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Au Vatican, la population est presque entièrement catholique, puisque ce micro-État existe au service direct de l’Église universelle. La présence chrétienne y remonte au Ier siècle avec le martyre et la sépulture de saint Pierre, p…
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