- Le pallium et le presbytère : deux gestes, une même théologie de l’honneur
- La bande de laine qui ne couronne pas mais qui charge
- Le silence de Dieu comme grammaire de l’obéissance
- Berbérati, une terre où le service pastoral se paie au prix du sang
- Le meurtre du père Crépin Martial Monga, ombre portée sur l’intronisation
- L’archevêque exhorte à ne pas s’attarder sur la peur
- Une province ecclésiastique érigée quelques mois plus tôt
- Ce que l’intronisation révèle du gouvernement de l’Église en terre de souffrance
- L’écart entre la nomination romaine et la prise de fonction pastorale
- Une formule qui interroge toute conception mondaine de l’honneur ecclésial
- Un signal pour l’ensemble de l’Église d’Afrique centrale
- Lectio divina
- ✝ Références bibliques
Le 29 juin dernier, tandis que le pallium de laine blanche descendait sur les épaules du nouvel archevêque de Berbérati dans la basilique Saint-Pierre, un jeune prêtre centrafricain était abattu devant son presbytère, à quelques centaines de kilomètres de la cathédrale qui attendait désormais son nouveau pasteur. Cette coïncidence de calendrier n’est pas un simple hasard journalistique : elle condense, en une seule journée, toute la tension qui traverse l’Église de République centrafricaine entre la solennité romaine des honneurs et la brutalité quotidienne du service sur le terrain. Mgr Dennis Kofi Agbenyadzi, archevêque métropolitain d’origine ghanéenne, a choisi de répondre à cette tension par une formule d’une densité rare : « Tout honneur dans l’Église existe en vue du service ». Cette phrase, prononcée au lendemain même de la cérémonie du pallium, n’est pas une pieuse généralité de circonstance. Elle est la clé théologique d’un pontificat local qui s’ouvre sous le signe du sang versé et de la fidélité silencieuse.
Le pallium et le presbytère : deux gestes, une même théologie de l’honneur
La bande de laine qui ne couronne pas mais qui charge
Le pallium n’est pas une décoration. C’est un morceau de laine tissée à partir de la toison d’agneaux bénis, porté autour du cou et tombant sur la poitrine et le dos, dont la forme évoque précisément la brebis que l’on porte sur ses épaules. En le recevant des mains du pape Léon XIV, Mgr Agbenyadzi rejoignait les trente-cinq autres archevêques métropolitains nommés au cours de l’année, tous porteurs d’un même signe liturgique qui ne signifie rien d’autre que le lien d’un pasteur avec le Siège de Pierre et sa vocation à paître le troupeau comme le Christ lui-même paît son Église. Il n’existe, dans toute la symbolique catholique, aucun insigne d’autorité qui renvoie aussi directement à l’image du berger portant l’animal blessé plutôt qu’à celle du souverain trônant. C’est cette inversion de sens, du couronnement vers le fardeau, qui constitue le socle sur lequel l’archevêque a construit sa réponse aux journalistes de l’agence pontificale de presse le lendemain de la cérémonie.
3Vous mangiez la graisse, vous vous revêtiez de la laine, vous tuiez ce qui était gras ; vous ne paissiez pas le troupeau. 4Vous n’avez pas fortifié les brebis faibles, vous n’avez pas soigné celle qui était malade, vous n’avez pas pansé celle qui était blessée, vous n’avez pas ramené celle qui était égarée, vous n’avez pas cherché celle qui était perdue ; mais vous avez dominé sur elles avec violence et cruauté.
Le prophète Ézéchiel avait déjà, des siècles avant l’institution du pallium, dénoncé les bergers qui se paissaient eux-mêmes plutôt que de paître leur troupeau : « Vous vous nourrissez de lait, vous vous habillez de laine, vous tuez ce qui est gras, mais vous ne faites pas paître les brebis. Vous n’avez pas fortifié les brebis faibles, vous n’avez pas guéri celle qui était malade, vous n’avez pas pansé celle qui était blessée » (Ez 34, 3-4). Cette imprécation résonne d’une manière presque physique lorsqu’on la superpose au geste liturgique du pallium : la laine que le nouvel archevêque porte n’est pas celle qu’il tond pour lui-même, elle est celle qui symbolise l’agneau qu’il doit porter. Le contraste entre l’accusation d’Ézéchiel et l’engagement pris à Rome dessine, en creux, tout le programme pastoral qu’un archevêque centrafricain doit tenir dans un pays où les bergers ont trop souvent manqué à leurs brebis, non par malice mais par épuisement, par peur, ou tout simplement parce qu’ils sont morts en service.
Le silence de Dieu comme grammaire de l’obéissance
Dans l’homélie qu’il a prononcée le lendemain de la remise du pallium, célébrant la messe avec la communauté missionnaire de la Société des Missions africaines à Rome, Mgr Agbenyadzi a retracé le chemin parcouru depuis son ordination épiscopale en 2012, évoquant les moments où il avait dû simplement dire : « Oui, Seigneur, tu sais », même sans comprendre pourquoi il avait été conduit en un lieu précis ou soumis à une épreuve particulière. Il a qualifié ces moments non d’abandon mais de « surprise divine » de la présence constante de Dieu, précisant que « parfois, le silence de Dieu est une réponse à nos prières ». Cette théologie du silence n’est pas une esquive face à la souffrance du pays qu’il doit désormais gouverner spirituellement ; elle en est au contraire la seule réponse honnête, celle qui refuse les explications faciles pour habiter la nuit obscure sans la fuir.
7Mais nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin qu’il paraisse que cette souveraine puissance de l’Évangile vient de Dieu et non pas de nous. 8Nous sommes opprimés de toute manière, mais non écrasés, dans la détresse, mais non dans le désespoir,
Cette disposition intérieure rejoint étrangement l’expérience de l’apôtre Paul lorsqu’il écrit aux Corinthiens, dans un passage moins fréquenté que les hymnes à la charité mais tout aussi central pour comprendre le ministère apostolique : « Nous portons ce trésor dans des vases d’argile, pour que ce déploiement de puissance soit attribué à Dieu et non à nous-mêmes. Nous sommes accablés de toute manière, mais non écrasés ; désemparés, mais non désespérés » (2 Co 4, 7-8). L’archevêque de Berbérati, en évoquant le silence divin comme une grâce plutôt qu’une absence, se situe exactement dans cette logique du vase d’argile : l’honneur du pallium ne rend pas le corps du pasteur invulnérable, il le charge d’une fragilité redoublée, celle-là même que le contexte centrafricain rend chaque jour plus tangible.
Berbérati, une terre où le service pastoral se paie au prix du sang
Le meurtre du père Crépin Martial Monga, ombre portée sur l’intronisation
La nouvelle qui a assombri les jours suivant la cérémonie romaine n’est pas anecdotique. Le père Crépin Martial Monga, jeune prêtre centrafricain, a été assassiné devant son propre presbytère dans la soirée du 29 juin 2026, le jour même où l’archevêque recevait son pallium. Interrogé sur ce drame, Mgr Agbenyadzi a demandé à la communauté rassemblée autour de lui de prier pour ce prêtre, pour l’évêque local, pour les fidèles et pour la famille du défunt, qualifiant cet événement de « moment de douleur pour toute l’Église », alors même que les pasteurs « essaient de mettre leurs vies au service des autres ». Cette phrase, prononcée à chaud, précède et éclaire rétrospectivement la formule programmatique sur l’honneur au service : elle n’est pas une abstraction théologique déconnectée du réel, elle est une réponse directe à un assassinat.
Il faut ici mesurer la portée de ce que représente, dans le contexte centrafricain, le fait d’être ordonné prêtre ou consacré évêque. Le pays reste marqué par les séquelles profondes du conflit intercommunautaire qui a opposé, entre 2013 et 2015, les milices Séléka à majorité musulmane et les groupes anti-balaka à dominante chrétienne, un affrontement qui a fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes à travers tout le territoire, y compris dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï où se trouve Berbérati. Onze ans après le pic de cette violence, l’insécurité résiduelle continue de frapper les ministres du culte, comme le rappelle tragiquement l’assassinat du père Monga survenu quelques jours avant l’intronisation effective du nouvel archevêque métropolitain.
L’archevêque exhorte à ne pas s’attarder sur la peur
Face à cette actualité douloureuse, la réponse pastorale de Mgr Agbenyadzi mérite d’être examinée pour ce qu’elle refuse autant que pour ce qu’elle affirme. Il a exhorté la communauté rassemblée à ne pas s’attarder sur ce qui suscite la panique ou la peur, mais à accueillir chaque jour comme une bénédiction, un signe de la présence constante du Seigneur, avant de demander à ses fidèles de l’aider à rester ferme « au milieu de toutes les tempêtes de la vie ». Cette insistance sur la fermeté au cœur de la tempête n’a rien d’une rhétorique de consolation superficielle ; elle s’inscrit dans une longue tradition spirituelle qui, de saint Cyprien de Carthage aux martyrs contemporains, refuse de faire de la peur le principe organisateur de la vie ecclésiale.
2faites paître le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, non dans un intérêt sordide, mais par dévouement, 3non en dominateurs des Églises, mais en devenant les modèles du troupeau.
L’apôtre Pierre, dans sa première lettre, adresse aux anciens des communautés dispersées une exhortation qui semble écrite pour ce moment précis : « Les anciens qui sont parmi vous, je les exhorte, moi ancien comme eux : Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais de bon cœur ; non pas en dominant sur ceux qui vous sont confiés, mais en étant les modèles du troupeau » (1 P 5, 2-3). Cette exhortation pétrinienne, choisie parce qu’elle nomme explicitement le lien entre autorité et service sans jamais céder à la tentation de la domination, constitue le socle scripturaire le plus naturel de la déclaration de l’archevêque de Berbérati. Elle rappelle que la charge pastorale, loin d’être un privilège protecteur, expose davantage celui qui la porte : c’est bien souvent le berger, et non le loup, qui meurt en premier lorsque le troupeau est attaqué.
Une province ecclésiastique érigée quelques mois plus tôt
Il faut resituer cette intronisation dans une séquence institutionnelle plus large. Le pape Léon XIV avait érigé, au printemps dernier, la province ecclésiastique de Berbérati, avec pour diocèses suffragants Bouar, Mbaïki et Bossangoa, nommant simultanément Mgr Agbenyadzi, jusque-là évêque de Berbérati depuis 2012, archevêque métropolitain de cette nouvelle circonscription. Cette érection n’est pas un simple redécoupage administratif : elle traduit une volonté romaine de renforcer la structure pastorale de l’ouest centrafricain, région qui a payé un lourd tribut au conflit intercommunautaire et qui reste, selon les évêques réunis sur place au mois de juin, confrontée à des défis pastoraux considérables, dont la question de la polygamie a été explicitement évoquée lors d’une rencontre des évêques centrafricains à Berbérati. La création d’une nouvelle province ecclésiastique dans un pays aussi fragile constitue en elle-même un acte de confiance et d’espérance de la part du Saint-Siège, qui investit dans une structure durable plutôt que dans une simple gestion de crise.
Le parcours personnel de Mgr Agbenyadzi éclaire également cette nomination. Membre de la Société des Missions africaines, ordonné évêque de Berbérati le 22 juillet 2012 après sa nomination le 14 mai de la même année, il a donc porté pendant quatorze ans la charge diocésaine avant de recevoir l’élévation métropolitaine. Cette longévité pastorale, rare dans un contexte de rotation missionnaire souvent plus rapide, donne un poids particulier à sa parole : lorsqu’il affirme que l’honneur existe en vue du service, il ne théorise pas depuis l’extérieur, il parle depuis quatorze années d’exercice concret d’une charge dans une terre de conflit.
Ce que l’intronisation révèle du gouvernement de l’Église en terre de souffrance
L’écart entre la nomination romaine et la prise de fonction pastorale
La distinction entre l’annonce d’une nomination et la cérémonie effective d’intronisation n’est pas un détail canonique mineur. Une nomination pontificale relève de l’acte juridique et spirituel par lequel le pape confère une charge ; l’intronisation, elle, est le moment où cette charge devient chair, où le nouvel archevêque s’assied concrètement sur son siège, entouré de son clergé et de son peuple, dans la réalité géographique et humaine du diocèse qu’il doit désormais gouverner. Entre la nomination de Mgr Agbenyadzi au printemps, la remise du pallium le 29 juin à Rome, et son intronisation effective sur le sol centrafricain, se déploie tout un processus qui referme la boucle entre l’universel de l’Église romaine et le particulier d’une Église locale confrontée à ses propres tragédies.
Cette temporalité étalée n’est pas une simple lourdeur bureaucratique. Elle traduit la manière dont l’Église catholique articule son unité universelle, incarnée par le lien au Siège de Pierre que symbolise le pallium, et son enracinement local, incarné par la présence physique du pasteur au milieu de son peuple. Léon XIV, en recevant ensemble les trente-cinq nouveaux archevêques métropolitains le 29 juin, a rappelé que chacun d’eux repart vers une Église particulière porteuse de son histoire propre, ses joies et ses blessures spécifiques. Pour Berbérati, cette histoire particulière s’écrit désormais avec le nom du père Crépin Martial Monga inscrit en elle, comme une plaie encore ouverte au moment même où son nouveau pasteur prenait ses fonctions.
Une formule qui interroge toute conception mondaine de l’honneur ecclésial
La phrase de Mgr Agbenyadzi mérite d’être lue aussi comme une réponse implicite à une tentation récurrente dans l’histoire de l’Église : celle qui consiste à confondre l’honneur hiérarchique avec un privilège de statut plutôt qu’avec une responsabilité accrue. Cette tentation n’est pas propre à l’Afrique centrale ; elle traverse toute l’histoire ecclésiale, des controverses médiévales sur l’investiture jusqu’aux débats contemporains sur le cléricalisme que le pape François, prédécesseur de Léon XIV, avait dénoncé sans relâche tout au long de son pontificat. En affirmant que tout honneur existe en vue du service, l’archevêque centrafricain rejoint cette ligne de critique interne, mais il le fait depuis une position singulière : celle d’un pasteur dont l’entrée en fonction coïncide littéralement avec la mort violente d’un de ses prêtres.
10Quant à l’amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres, vous prévenant d’honneur les uns les autres, 11pour ce qui est du zèle, ne soyez pas nonchalants. Soyez fervents d’esprit, c’est le Seigneur que vous servez. 12Soyez pleins de la joie que donne l’espérance, patients dans l’affliction, assidus à la prière,
Saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne au cinquième siècle, écrivait que celui qui reçoit la charge pastorale reçoit d’abord un fardeau avant de recevoir un honneur, car nul ne peut prétendre gouverner les âmes s’il n’accepte d’abord de se dépouiller de lui-même pour elles. Cette intuition patristique, que l’on retrouve diffusée à travers toute la tradition des Pères grecs et latins sur l’episcopat, trouve dans les paroles de Mgr Agbenyadzi une actualisation particulièrement incarnée. L’apôtre Paul, écrivant aux Romains dans un passage rarement cité mais d’une pertinence frappante pour ce contexte, exhortait déjà les premiers chrétiens à « rivaliser d’estime réciproque », à ne pas se lasser dans leur zèle, à être « ardents d’esprit », servant le Seigneur avec « ceux qui sont dans la tribulation, persévérant dans la prière » (Rm 12, 10-12). Cette chaîne de vertus, estime réciproque, ardeur, persévérance dans la tribulation, dessine assez précisément le portrait spirituel qu’un archevêque centrafricain doit incarner pour tenir sa charge sans se laisser broyer par elle.
Un signal pour l’ensemble de l’Église d’Afrique centrale
L’intronisation de Mgr Agbenyadzi ne concerne pas seulement le diocèse de Berbérati pris isolément. En tant que nouvelle province ecclésiastique, Berbérati devient désormais le siège métropolitain dont dépendent Bouar, Mbaïki et Bossangoa, ce qui confère à son archevêque une responsabilité de coordination pastorale à l’échelle régionale. Dans un pays où les structures étatiques restent fragiles et où l’Église catholique demeure souvent l’une des institutions les plus stables et les plus proches des populations rurales, cette responsabilité métropolitaine dépasse largement le cadre strictement religieux. Elle touche à la capacité même de la société centrafricaine à maintenir des points d’ancrage communautaires solides dans des régions encore traversées par l’instabilité.
La réunion des évêques centrafricains à Berbérati au mois de juin dernier, consacrée notamment aux défis pastoraux liés à la polygamie et plus largement à la reconstruction du tissu social après les années de conflit, témoigne de cette dimension collective. L’archevêque nouvellement intronisé n’entre pas seul dans sa charge : il rejoint une conférence épiscopale qui cherche collectivement à répondre aux fractures profondes laissées par la guerre civile, en misant sur le renforcement structurel de l’Église plutôt que sur des réponses ponctuelles. Sa formule sur l’honneur mis au service du peuple prend, dans ce cadre, une résonance qui dépasse sa propre personne pour devenir un principe directeur potentiellement partagé par l’ensemble de l’épiscopat centrafricain à un moment charnière de la vie du pays.
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« Vous vous êtes nourris vous-mêmes, mais vous n'avez pas fait paître les brebis, vous n'avez pas fortifié les faibles » (Ez 34, 3-4).
Toi qui portes une charge, quelle que soit sa taille, sais-tu encore distinguer l'honneur qui te grandit de celui qui te sert à grandir les autres ? Quand le silence de Dieu se fait long sur ta propre vocation, oses-tu dire « Oui, Seigneur, tu sais », même sans comprendre le lieu où tu es conduit ? Te souviens-tu de la dernière fois où tu as porté quelqu'un sur tes épaules sans rien attendre en retour ? Le fardeau que tu crains de recevoir n'est-il pas déjà, en secret, la grâce que tu demandes depuis longtemps ?
Seigneur, tu sais ce que je porte et ce que je n'ose pas nommer. Tu connais le poids de la laine sur mes épaules quand je voudrais fuir la charge qui m'est confiée. Apprends-moi le service qui ne cherche pas l'honneur, mais qui l'accueille comme un fardeau consenti. Dans mon silence, parle. Dans ma peur, tiens-moi ferme au milieu des tempêtes. Fais de moi un vase d'argile qui ne se brise pas sous le poids du trésor qu'il porte.
Une brebis blessée repose enfin sur des épaules qui ne tremblent plus.
✝ Références bibliques
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