Dominant la plaine alluviale entre le Tigre et l'Euphrate, Babylone fut la métropole la plus fastueuse de l'Antiquité — jardins suspendus, porte d'Ishtar, ziggourat de l'Esagil identifiée à la tour de Babel. Sa prise de Jérusalem en 586 et la déportation du peuple marquèrent le traumatisme central de l'histoire d'Israël. C'est en exil à Babylone que les prophètes Jérémie, Ézéchiel et Deutéro-Isaïe forgèrent la théologie de l'espérance messianique. Jérémie écrivit aux déportés : « Bâtissez des maisons, plantez des jardins, cherchez la paix de la ville » (Jr 29,7). Babylone devint dans l'Apocalypse le nom symbolique de Rome impériale — et de tout empire oppressant l'Église (Ap 17-18). Les ruines d'Al-Hillah en Irak sont visitables depuis quelques années, après des décennies d'accès difficile.
Elle est tombée, la grande Babylone ! Elle est devenue la demeure des démons.
Babylone est le grand symbole de l'orgueil humain et du jugement divin dans l'Ancien Testament. La tour de Babel (Gn 11,1-9) en est l'origine mythique. Nabuchodonosor détruisit Jérusalem et déporta Juda en 586 (2 R 25 ; Jr 39). L'exil babylonien fut le creuset de la foi juive : rédaction du Pentateuque, Psaumes de l'exil (Ps 137), visions d'Ézéchiel (Éz 1 ; 37). Isaïe annonça la libération par Cyrus (Is 45,1). Daniel vécut à la cour babylonienne (Dn 1-6).
Dans le Nouveau Testament, Babylone est le nom symbolique de Rome impériale dans 1 P 5,13 et l'Apocalypse (Ap 14,8 ; 16,19 ; 17-18). L'Apocalypse développe une longue lamentation sur la chute de Babylone-Rome (Ap 18), accomplissant les oracles d'Isaïe (Is 13-14) et de Jérémie (Jr 50-51). Mt 1,11-12 cite la déportation à Babylone dans la généalogie du Christ, faisant de l'exil une étape de l'histoire du salut. Paul cite implicitement la libération babylonienne dans la théologie du rachat.
Il interprète Babylone comme la cité terrestre marquée par l’orgueil, la confusion et l’exil loin de Dieu. En contraste avec Jérusalem, elle figure pour lui le monde désordonné auquel le croyant ne doit pas s’attacher.
Babylone est le symbole biblique de toute puissance humaine qui se dresse contre Dieu : tour de Babel, exil, Grande Prostituée de l'Apocalypse. Elle invite à discerner, dans chaque époque, les formes contemporaines d'idolâtrie du pouvoir et de la richesse.
36 personnages liés à Babylone
Azarias (Abed-Nego)
Balthazar
Cyrus II de Perse
Darius Ier
Darius le Mède
Hananiah
La Prostituée de Babylone
Misaël (Meshak)
Robert Koldewey (1899-1917, Deutsche Orient-Gesellschaft) : porte d'Ishtar, voie processionnelle, palais de Nabuchodonosor.
ruines visitables
Ruines partiellement reconstruites sous Saddam Hussein ; mosquée à proximité du site.