Quand la foi devient un délit : ce que Moscou enseigne à Rome sur le prix de la liberté de croire

Six Témoins de Jéhovah condamnés à Moscou : ce que leur piège dévoile sur la diplomatie du Vatican avec la Russie.

Équipe Via Bible
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À Moscou, le 26 août 2026, le tribunal du district Simonovski a envoyé Zaur Murtuzov et Daria Petrotchenko en colonie pénitentiaire pour cinq ans. Quatre autres croyantes — Liliana Korol, Larissa Kislaïa, Oksana Ivanova et Tatiana Levitskaïa — ont écopé de travaux forcés obligatoires, jusqu’à quatre ans. Leur crime : avoir accueilli, avec la douceur qu’on réserve aux endeuillés, une femme venue leur dire qu’elle avait perdu un proche et cherchait du réconfort dans la Bible. Cette femme était une informatrice du FSB. Pendant deux ans, elle a enregistré leurs conversations, leurs prières, leurs gestes de charité. Elle a construit, verset après verset, le dossier qui allait les briser.

Cette affaire, révélée le jour même où la presse italienne décryptait la visite historique de Mgr Paul Richard Gallagher à Moscou — la première d’un haut dignitaire vatican depuis mars 2022 —, n’est pas une péripétie lointaine réservée aux spécialistes des minorités religieuses. Elle est un miroir tendu à toute l’Église catholique, et singulièrement à sa diplomatie, qui doit apprendre à parler avec un pouvoir qui a fait de la compassion un piège et de la lecture de la Bible une pièce à conviction.

Le piège tendu à la charité chrétienne

Une trahison de la bonté comme méthode d’État

Ce qui frappe dans cette affaire n’est pas seulement la sévérité de la peine, c’est le choix du terrain. Le FSB n’a pas surpris ces croyants en flagrant délit de sédition, de violence ou de complot. Il a exploité leur vertu la plus élémentaire : l’accueil du deuil, l’écoute de la souffrance, le désir de consoler une inconnue. Petrotchenko l’a dit elle-même devant ses juges, sans repentir : elle voulait sincèrement aider une personne qu’elle croyait éprouvée, elle ne lui a rien demandé, rien offert en échange, elle n’a causé aucun tort ni à elle ni à l’ordre constitutionnel. Le porte-parole du mouvement l’a résumé avec une justesse glaçante : cette manipulation démontre à quel point il est pervers de criminaliser une foi qui rend les gens bons envers leur prochain.

Ce retournement n’est pas anodin pour un théologien. Il rappelle, par contraste, l’exhortation de la première épître de Pierre à ceux qui se rassemblent comme pierres vivantes pour édifier une maison spirituelle : « Vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, entrez dans la construction de l’édifice spirituel » (1 P 2, 5). Cette image de pierres vivantes assemblées, choisies précisément pour leur capacité à s’unir dans la charité mutuelle, devient ici un objet de suspicion policière. Ce que le christianisme appelle édification, l’État russe l’appelle recrutement extrémiste. Ce que l’Écriture nomme communion, le Code pénal russe le qualifie, à l’article 282.2, de participation à une organisation extrémiste et d’incitation à y adhérer.

1 Pierre 2, 5

5et, vous-mêmes comme des pierres vivantes, entrez dans la structure de l’édifice, pour former un temple spirituel, un sacerdoce saint, afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus-Christ.

Le mécanisme n’a rien d’improvisé. Il s’inscrit dans une jurisprudence construite depuis l’arrêt du 20 avril 2017, lorsque la Cour suprême de la Fédération de Russie a déclaré extrémistes et interdit les 396 organisations locales des Témoins de Jéhovah sur le territoire russe. Depuis cette date, selon les décomptes tenus par le mouvement lui-même, plus de 970 croyants ont fait l’objet de poursuites pénales fondées sur des articles relatifs à l’extrémisme, environ 550 sont passés par la détention, et plus de cent purgent aujourd’hui encore une peine en colonie. Cent soixante-quatorze Témoins de Jéhovah, selon le décompte communiqué début septembre 2026, sont actuellement incarcérés en Russie — cent cinquante-neuf hommes, quinze femmes. Le cumul des peines de prison prononcées depuis 2017 dépasse le millier d’années.

Ce que révèle la disproportion des peines

Un chiffre mérite un arrêt : sur les trente-huit croyants condamnés à la prison ferme durant la seule année écoulée, près de 80 % ont reçu des peines supérieures à cinq ans. Un homme d’origine polonaise, Andrzej Oniszuk, installé en Russie depuis près de trente ans, marié à une Russe, y ayant fondé son entreprise et sa vie, a été condamné pour avoir chanté des cantiques et discuté de la Bible ; à sa sortie de peine, il a reçu l’ordre de quitter le pays sous dix jours, avec une interdiction de retour de huit ans. Le couple a dû se séparer de la famille d’Anna, restée en Russie. Ce n’est pas la marge d’un système judiciaire qui déraille occasionnellement : c’est une politique cohérente, methodique, qui vise à rendre la pratique de cette foi socialement et matériellement impossible.

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies, dans un avis adopté le 13 mars 2026 concernant des croyants d’Oufa, a pour la première fois appliqué les articles 26 et 27 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques à une affaire des Témoins de Jéhovah, reconnaissant que ce groupe constitue une minorité religieuse vulnérable exposée à une discrimination organisée par l’État. La Cour européenne des droits de l’homme, dans des jugements publiés le 26 mars 2026 sur des plaintes déposées avant le retrait de la Russie de sa juridiction en septembre 2022, est arrivée à la même conclusion : les autorités russes n’ont jamais démontré la moindre activité extrémiste dangereuse chez ces croyants, et l’ingérence dans leur vie religieuse repose sur une interprétation abusivement large de la législation anti-extrémiste. Dans l’une de ces affaires, le tribunal russe avait vu de l’« extrémisme » dans une soirée entre amis, dans un café, où les croyants organisaient des jeux, plaisantaient, chantaient et dansaient.

Ces reconnaissances internationales, aussi fermes soient-elles dans leur formulation juridique, ne changent rien sur le terrain. La Russie ayant quitté le Conseil de l’Europe, ses tribunaux ignorent superbement les arrêts de Strasbourg. C’est précisément dans cet interstice — entre la condamnation morale du monde et l’impunité pratique de l’État — que se joue la question posée à l’Église catholique : que peut, que doit faire une diplomatie qui n’a ni armée ni sanctions, mais une parole et une mémoire ?

L’Église catholique face au miroir russe

La visite de Mgr Gallagher, un geste chargé de sens

Du 24 au 28 août 2026, Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États, s’est rendu à Moscou. C’était sa première visite depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, la précédente remontant à novembre 2021, et il devenait ainsi le plus haut dignitaire vatican à se rendre officiellement en Russie depuis mars 2022. Il y a rencontré Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, ainsi que le métropolite Antonij Sevriuk, qui dirige le département des relations extérieures du patriarcat de Moscou. Cette visite survient après une période de gel diplomatique : un an et demi plus tôt, Vladimir Poutine avait balayé les avances du pape Léon XIV, dont la fermeté à l’égard de la Russie contrastait avec la prudence de son prédécesseur.

Le calendrier de cette réouverture diplomatique est éloquent. Le même jour où le tribunal Simonovski rendait son verdict contre les six croyants, la diplomatie vaticane amorçait sa patiente reprise de contact avec Moscou. Ce télescopage n’est pas une coïncidence anecdotique : il illustre la tension permanente entre deux logiques que l’Église doit tenir ensemble sans jamais les confondre — la nécessité du dialogue, seul chemin vers la paix et vers la protection des catholiques présents en Russie, et la dénonciation sans compromis de la persécution religieuse, quelle que soit la confession visée.

Car le dossier de la liberté religieuse figurait explicitement à l’agenda de Mgr Gallagher. Moscou n’a jamais cessé de regarder la présence catholique sur son sol avec une suspicion structurelle. Il avait fallu toute l’opiniâtreté de Jean-Paul II pour obtenir, dans les années 1990, l’érection de diocèses catholiques en territoire russe — sans qu’aucune visite pontificale n’ait jamais pu avoir lieu. Aujourd’hui encore, la majorité des catholiques de Russie sont des expatriés : Polonais, cadres européens, communautés asiatiques. Une foi tolérée, mais rigoureusement encadrée, jamais pleinement libre.

Le cas déchirant des gréco-catholiques ukrainiens

Le dossier le plus douloureux pour Rome ne concerne pas les catholiques latins de Moscou ou de Saint-Pétersbourg, mais les fidèles gréco-catholiques ukrainiens vivant sous occupation russe. Moscou les considère historiquement comme des traîtres à l’orthodoxie, des orthodoxes égarés qu’il faudrait réintégrer de force dans le giron du patriarcat moscovite — d’où le rejet, par ces mêmes fidèles, du terme « uniate » qu’ils jugent péjoratif, préférant celui de gréco-catholiques : des catholiques dont la liturgie et la culture demeurent grecques et orientales. Persécutée sous les tsars, puis sous le régime soviétique, cette Église connaît aujourd’hui, dans les territoires ukrainiens sous contrôle russe, une nouvelle vague de répression : églises attaquées et occupées, prêtres expulsés, fidèles molestés.

Cette continuité historique de la persécution — tsariste, soviétique, puis poutinienne — donne à la répression actuelle des Témoins de Jéhovah une résonance particulière pour tout observateur catholique averti. Le même appareil d’État qui, hier, traquait les gréco-catholiques ukrainiens au nom de l’unité orthodoxe et aujourd’hui les traque encore sous couvert de guerre, applique aux Témoins de Jéhovah une grammaire répressive identique : suspicion envers toute allégeance spirituelle non alignée sur le pouvoir, confusion délibérée entre pratique religieuse minoritaire et menace contre l’ordre constitutionnel, usage de l’appareil sécuritaire — le FSB, héritier direct du KGB — pour infiltrer, enregistrer, piéger.

L’apôtre Paul écrivait aux Éphésiens, depuis sa propre prison, une phrase qui prend un relief singulier appliquée à ces situations : « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu » (Ep 4, 1). Ce verset, moins cité que d’autres passages pauliniens, rappelle que la prison n’a jamais été, dans l’histoire chrétienne, un lieu d’anéantissement de la vocation, mais paradoxalement un lieu où elle se révèle avec le plus de clarté. Les gréco-catholiques ukrainiens sous occupation, comme les Témoins de Jéhovah dans les colonies russes, vivent aujourd’hui cette même tension entre l’appel intérieur et la contrainte extérieure.

Éphésiens 4, 1

1Je vous prie donc instamment, moi qui suis prisonnier dans le Seigneur, d’avoir une conduite digne de la vocation à laquelle vous avez été appelés,

Une diplomatie de la patience, non de la complaisance

Il serait injuste, et théologiquement paresseux, de réduire la démarche du Saint-Siège à une forme de complicité tacite avec Moscou. La diplomatie pontificale a toujours obéi à une logique distincte de celle des chancelleries classiques : elle ne dispose ni d’armée ni de levier économique, seulement d’une parole et d’une présence continue, maintenue précisément là où d’autres coupent les ponts. Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a maintes fois rappelé que le Vatican ne renonce jamais au dialogue, y compris avec les régimes les plus fermés, parce que la rupture totale prive les populations les plus vulnérables — chrétiens minoritaires compris — de tout canal de médiation possible.

Cette approche a un coût : elle expose le Saint-Siège à l’accusation de prudence excessive, voire de silence complice, chaque fois qu’un nouveau cas de persécution religieuse éclate en Russie sans condamnation vaticane immédiate et nominative. Mais elle répond aussi à une expérience historique précise : celle des décennies soviétiques, où l’Église catholique, en maintenant coûte que coûte des canaux discrets avec le pouvoir communiste — l’Ostpolitik menée sous Paul VI par le cardinal Agostino Casaroli —, a permis de sauver des évêques, de faire libérer des prêtres, de maintenir des structures ecclésiales clandestines vivantes jusqu’à l’effondrement du système.

Le pape Léon XIV, dont la fermeté initiale envers la Russie avait provoqué le gel diplomatique de 2025, semble aujourd’hui autoriser la reprise d’un dialogue technique et prudent, sans que cela signifie un adoucissement de sa position morale sur la guerre en Ukraine ni sur la persécution religieuse. C’est une distinction essentielle que l’opinion catholique, souvent tentée par la lecture binaire, doit intégrer : parler à un persécuteur n’est pas l’absoudre ; c’est parfois l’unique moyen de faire parvenir jusqu’à lui l’écho des injustices qu’il commet, et de préserver un espace, même minuscule, pour les négociations futures — libérations de prisonniers, protection des lieux de culte, accès humanitaire.

Quand la foi devient un délit : ce que Moscou enseigne à Rome sur le prix de la liberté de croire

Ce que cette persécution enseigne à la conscience catholique mondiale

La solidarité entre croyants persécutés, au-delà des frontières confessionnelles

Les Témoins de Jéhovah ne sont pas catholiques ; leur théologie diverge du Credo nicéen sur des points fondamentaux, notamment la nature trinitaire de Dieu. Rappeler cette différence doctrinale n’est pas accessoire : elle est la condition même de la crédibilité d’une solidarité qui ne se fonderait pas sur l’indifférenciation théologique, mais sur un principe plus profond, martelé par le concile Vatican II dans sa déclaration sur la liberté religieuse : la dignité de la personne humaine exige que nul ne soit contraint d’agir contre sa conscience en matière religieuse, ni empêché d’agir selon elle, dans de justes limites. Ce principe ne connaît pas de frontière confessionnelle.

C’est cette conviction qui doit animer la réaction catholique face au sort de Zaur Murtuzov, de Daria Petrotchenko et de leurs quatre coaccusées. Non pas une solidarité doctrinale — impossible et malhonnête —, mais une solidarité de destin partagé face à un même type d’appareil répressif qui frappe indifféremment gréco-catholiques ukrainiens, orthodoxes non alignés sur le patriarcat de Moscou, protestants évangéliques et Témoins de Jéhovah, dès lors que leur pratique religieuse échappe au contrôle étatique. Le livre de l’Apocalypse, dans une image rarement mobilisée en ce sens, évoque cette communauté des éprouvés venus « de toute nation, race, peuple et langue » (Ap 7, 9), rassemblés non par identité doctrinale mais par l’épreuve traversée en fidélité à ce qu’ils croient être la vérité révélée.

Apocalypse 7, 9

9Après cela, je vis une foule immense que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils étaient debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches et tenant des palmes à la main.

La vigilance nécessaire face à la fabrication de l’ennemi intérieur

L’affaire de l’informatrice du FSB mérite un examen théologique et moral plus poussé qu’une simple indignation. Ce qui s’est joué à Moscou n’est pas seulement une répression, c’est une inversion : l’État a transformé la vertu — l’accueil du deuil, l’écoute patiente, la gratuité de la charité — en preuve à charge. Ce mécanisme n’est pas propre à la Russie poutinienne ; il rappelle, toutes proportions gardées, les logiques totalitaires du XXe siècle qui ont fait de la simple pratique religieuse, ou de la simple appartenance ethnique, un délit en soi, indépendamment de tout acte concret de violence ou de subversion.

Pour l’Église catholique, dont l’histoire porte la mémoire vive des persécutions — depuis les catacombes romaines jusqu’aux prêtres clandestins de l’Europe de l’Est communiste —, cette affaire résonne comme un avertissement contemporain. Elle rappelle que la liberté religieuse n’est jamais acquise définitivement, qu’elle demeure fragile partout où un pouvoir se donne le droit de définir seul les frontières de l’orthodoxie civique, et que la vigilance à son égard ne peut être sélective. On ne peut dénoncer avec force la persécution des chrétiens en Chine ou en Corée du Nord et se taire sur celle qui frappe, en Russie, des croyants dont la théologie nous est étrangère mais dont la persécution nous concerne directement, parce qu’elle touche au même droit fondamental.

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Prier et agir : la double responsabilité du croyant catholique

Face à ce constat, la réponse catholique ne peut se limiter à l’indignation médiatique, ni se réfugier dans le silence prudent qu’impose parfois la diplomatie officielle. Elle appelle une double fidélité : à la prière d’intercession, qui n’oublie aucun prisonnier de conscience quelle que soit sa confession, et à la vigilance civique, qui rappelle aux instances internationales — Nations unies, Conseil de l’Europe même privé de juridiction sur la Russie, organisations non gouvernementales de défense des droits humains — que ces condamnations ne sont pas des faits divers isolés mais l’expression d’une politique d’État cohérente et documentée depuis 2017.

La lettre aux Hébreux offre ici une clé de lecture précieuse, dans un passage peu mobilisé en ce sens : « Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez emprisonnés avec eux » (He 13, 3). Se souvenir n’est pas un acte passif : c’est un engagement de la mémoire qui doit se traduire en actes — courrier aux ambassades, relais médiatique, plaidoyer auprès des instances européennes, prière nommée dans les paroisses. La mémoire chrétienne des persécutions n’a de sens que si elle s’incarne dans une attention réelle aux persécutés d’aujourd’hui, quelle que soit leur étiquette confessionnelle.

Hébreux 13, 3

3Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers et de ceux qui sont maltraités, comme étant vous aussi dans un corps.

Lectio divina

📜
Lectio — Lire

« Vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, entrez dans la construction de l'édifice spirituel » 1 P 2, 5

🧠
Meditatio — Méditer

Tu lis le récit de ces croyants piégés par leur propre bonté, et quelque chose en toi se serre. Que ferais-tu si accueillir un inconnu en larmes pouvait te conduire en prison ? Continuerais-tu d'ouvrir ta porte, ta table, ton écoute, sachant le risque ? Ta foi tient-elle encore debout quand elle ne coûte rien, ou seulement quand elle pourrait tout te coûter ? Reste un instant avec cette question, sans la fuir.

🙏
Oratio — Prier

Seigneur, toi qui bâtis ton temple avec des pierres vivantes et fragiles, regarde ceux qu'on enferme aujourd'hui pour avoir aimé sans calcul. Tu connais Daria, tu connais Zaur, tu connais chaque nom que le monde oublie derrière les murs des colonies. Donne-leur, dans le froid des cellules, la chaleur intérieure que nulle sentence ne peut confisquer. Apprends-moi à ne pas trier ma compassion selon les étiquettes. Fais de mon cœur une pierre qui tient, même piétinée. Que ma prière traverse les barreaux comme la lumière traverse le givre.

Contemplatio — Contempler

Une main tremblante glisse un morceau de pain sous la porte d'une cellule où quelqu'un, ce soir, murmure encore un psaume.

✝ Références bibliques

4 passages · 4 livres
1 Pierre
📖 Codex — Livre biblique

Pierre Apôtre (tradition) · 64–68 ap. J.-C. · 105 versets

Remettez-lui tous vos soucis, car vous avez du prix à ses yeux. (1P 5,7)

Encouragement aux chrétiens persécutés : espérance, baptême et conduite en société.

→ Explorer le Codex 1 Pierre

🌍 3 pays concernés

Pologne
🇵🇱
Pologne
Europe
Majorité catholique
Catholiques
87 %
🏛 Capitale
Warsaw
👥 Population
37,4 M hab.
⛪ Diocèses
44
🌟 Saints
6
✨ Sanctuaires
4
✝ Saint patron
Saint Adalbert, Saint Stanislas
Méditation
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Russie
🇷🇺
Russie
Europe
Présence minime
Catholiques
0 %
🏛 Capitale
Moscow
👥 Population
146,0 M hab.
⛪ Diocèses
4
✨ Sanctuaires
2
✝ Saint patron
aucun
Restrictions mineures ●●○○○
Méditation
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Ukraine
🇺🇦
Ukraine
Europe
Minorité
Catholiques
10 %
🏛 Capitale
Kyiv
👥 Population
32,9 M hab.
⛪ Diocèses
10
🌟 Saints
2
✨ Sanctuaires
3
✝ Saint patron
aucun
Méditation
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