- Le Cabo Delgado, une plaie que l’actualité refuse d’oublier
- Ce que dit une religieuse quand elle parle de guérison
- Un tissu congréganiste plus large que l’annonce du 16 août ne le laisse paraître
- L’assassinat de Mgr Osório Afonso Citora, révélateur d’une escalade
- Ce que révèle cette insurrection sur la théologie de la souffrance innocente
- Une Afrique australe qui rejoint le Sahel dans l’épreuve
- Lectio divina
- ✝ Références bibliques
Depuis Kigali, où elle participait début août au congrès mondial de SIGNIS, une religieuse mozambicaine a prononcé une phrase qui résume, mieux qu’aucun rapport, l’état spirituel du Cabo Delgado : « Nos sœurs n’ont pas abandonné le peuple ; au contraire, elles ont élargi le champ de leur travail pastoral. » Sœur Anastância Simbe, des Filles de Marie Auxiliatrice, parlait d’une terre où, depuis 2017, l’insurrection islamiste a fait plus de 6 600 morts et où 1,5 million de personnes vivent aujourd’hui déplacées de leur propre pays. Le 16 août, sa congrégation a annoncé l’extension de ses programmes d’accompagnement psychologique et de guérison des traumatismes pour les populations chassées de leurs villages par la violence djihadiste. Ce geste, en apparence discret, survient trois mois seulement après l’assassinat brutal de Mgr Osório Afonso Citora, évêque de Quelimane, abattu à son domicile dans la nuit du 6 juin, et alors que le pape Léon XIV lui-même a nommé le Mozambique, dans la même phrase que le Nigeria et le Soudan, parmi les pays où « les chrétiens souffrent encore aujourd’hui de discrimination et de persécution ». L’Afrique australe, trop longtemps pensée comme épargnée par le djihadisme sahélien, est devenue un théâtre à part entière de la guerre spirituelle qui traverse le continent — et l’Église, par ses religieuses les plus discrètes, y tient une ligne de front que le monde regarde à peine.
Le Cabo Delgado, une plaie que l’actualité refuse d’oublier
Le rapporteur spécial des Nations unies Ben Saul, au terme d’une mission de dix jours menée dans la province en août, a livré un constat sans détour : une victoire militaire contre l’insurrection reste hors de portée, et seule une issue négociée peut mettre fin au cycle de violence. Ce diagnostic tombe après huit ans d’un conflit qui a vu des villages entiers rasés, des cérémonies d’initiation transformées en scènes de décapitation, et des paroisses catholiques incendiées jusque dans leurs fondations. En mai dernier encore, l’église historique Saint-Louis de Montfort, dans le district d’Ancuabe, a été détruite par des hommes armés qui ont, dans la foulée, enlevé au moins vingt-deux fidèles. L’archevêque de Nampula résumait la situation en une formule d’une gravité biblique : « Au Mozambique, la croix n’est pas seulement un symbole de foi ; elle est devenue un motif de persécution pour ceux qui la portent ».
Les chiffres de 2026 ne laissent aucune place à l’euphémisme. Plus de 200 000 personnes ont été déplacées depuis janvier, s’ajoutant au 1,3 million de Mozambicains qui ont fui leur foyer depuis le début du conflit ; 1,7 million de personnes ont eu besoin d’une aide humanitaire cette année. Entre juillet et août de l’an dernier déjà, près de 50 000 personnes avaient été chassées en quelques semaines des districts de Chiúre, Ancuabe et Muidumbe, tandis qu’un prêtre local alertait sur des enlèvements d’enfants perpétrés par les insurgés. Cette année, huit districts entiers de la province ont subi des attaques répétées, les insurgés y dressant des barrages routiers et affrontant l’armée mozambicaine ainsi que les troupes rwandaises venues en renfort. C’est dans ce paysage de déracinement permanent, où chaque saison apporte son lot de fuites nouvelles, que les Filles de Marie Auxiliatrice ont choisi non pas de se retirer, mais d’élargir leur présence.
Ce que dit une religieuse quand elle parle de guérison
Sœur Anastância Simbe ne parle pas en gestionnaire de crise. Elle parle en éducatrice, fidèle au charisme de Jean Bosco et de Marie-Dominique Mazzarello, fondatrice de sa congrégation. Sa description du travail accompli est saisissante de sobriété : « écouter et rester proche des personnes affectées », dans l’esprit du bon Samaritain. Cette référence n’est pas un ornement rhétorique. Elle situe l’action des sœurs dans une tradition précise, celle qui refuse de détourner le regard devant l’homme laissé à demi mort sur le bord du chemin — et l’on pense ici à cette parole de saint Paul, moins citée que la parabole elle-même mais qui en porte la même exigence intérieure : « Portez les fardeaux les uns des autres, et accomplissez ainsi la loi du Christ » (Ga 6, 2). Cette loi-là, les Filles de Marie Auxiliatrice la vivent dans les campements de déplacés du Cabo Delgado, où porter un fardeau ne signifie pas seulement nourrir ou loger, mais aider une mémoire brisée à retrouver son fil.
Présentes au Mozambique depuis soixante-quatorze ans, les Filles de Marie Auxiliatrice s’y consacraient traditionnellement à l’éducation des jeunes par les écoles et les préscolaires, à des foyers pour jeunes filles en situation de vulnérabilité, à la catéchèse et à la promotion des femmes. L’urgence humanitaire les a conduites à réorienter une partie de ce charisme éducatif vers un travail thérapeutique inédit : offrir des espaces où la parole devient soin. Sœur Anastância le formule avec une clarté presque clinique : « En tant qu’éducatrices par charisme, nous nous concentrons sur le rétablissement de ces personnes, en offrant des espaces où elles peuvent être entendues et travailler sur leur traumatisme ». Sa passion, dit-elle, est de « permettre aux gens de raconter leur histoire et d’aider les autres dans ce processus de narration comme une forme de thérapie pour surmonter leurs traumatismes ».
Cette approche narrative du soin trouve un écho frappant dans le témoignage d’une autre religieuse, membre de la congrégation des Filles de Jésus, qui coordonne depuis Pemba le soutien psychosocial de plusieurs congrégations avec l’appui de la fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse. Sa description du travail accompli mérite d’être entendue dans son intégralité : « Nous aidons les gens à reconstruire leur vie, à reconstruire leur identité, à surmonter leur douleur et à recommencer à travailler et à rêver ». Elle précise que les personnes déplacées, ayant perdu leurs repères, retrouvent par ces séances de groupe une confiance qui leur permet de « recommencer à célébrer leur vie », d’exprimer une joie qu’elles n’avaient plus connue depuis l’attaque. Ce vocabulaire du rêve retrouvé, de l’identité reconstruite, n’est pas un langage psychologique neutre : il est profondément apparenté à celui de la résurrection, cette capacité que Dieu seul accorde de faire renaître une vie que la violence avait déclarée morte.

Un tissu congréganiste plus large que l’annonce du 16 août ne le laisse paraître
L’annonce des Filles de Marie Auxiliatrice ne surgit pas isolément. Elle s’inscrit dans un maillage de congrégations féminines qui, depuis des années, tiennent le diocèse de Pemba à bout de bras. Les Sœurs Scalabriniennes, engagées dans un « service itinérant » entre 2021 et 2022 dans le district de Chiúre, ont partagé leur mission avec les Filles de Marie Auxiliatrice elles-mêmes, combinant accompagnement psychosocial par l’écoute, constitution de groupes de soutien selon le genre et l’âge, accompagnement spirituel, alphabétisation des adultes et soutien scolaire des enfants, ainsi que promotion d’activités génératrices de revenus comme la couture ou l’artisanat. Cette convergence entre congrégations révèle une stratégie ecclésiale cohérente : ne pas laisser le trauma s’installer sans réponse, ne pas laisser la survie matérielle éclipser la reconstruction intérieure.
Le diocèse de Pemba, situé au cœur même de la zone de conflit, a multiplié les appels à la solidarité internationale. Son évêque, Mgr António Juliasse, a réaffirmé cet été l’engagement de l’Église à accompagner les victimes par la pastorale et l’aide humanitaire tout en promouvant la réconciliation entre communautés divisées : « L’Église catholique continuera d’exercer sa mission de proximité envers les personnes affectées par le conflit, en promouvant des initiatives pastorales et humanitaires qui favorisent la réconciliation, la dignité humaine et une plus grande confiance entre les communautés ». Cette parole épiscopale n’a rien d’un slogan de communication institutionnelle : elle décrit un travail de fond que les religieuses accomplissent au ras du sol, dans des campements où l’espérance, précisément, est la ressource la plus rare.
Car le défi n’est pas seulement sécuritaire. Sœur Anastância l’identifie avec une précision qui mérite d’être méditée : « Les plus grands défis auxquels nous sommes confrontées dans notre travail pastoral incluent une éducation et des services de santé de mauvaise qualité, le chômage des jeunes, l’effondrement de la structure familiale et une perte de sens de la vie et des valeurs humaines ». Cette énumération dessine le visage d’une crise anthropologique totale, où la violence armée n’est que la manifestation la plus visible d’un délitement plus profond des liens qui tenaient les communautés ensemble. Contre cette perte de sens, l’Église oppose une pastorale de la présence — rester, écouter, ne pas fuir — qui rappelle irrésistiblement les mots du prophète Isaïe annonçant celui qui vient « bander les cœurs brisés, proclamer aux captifs la délivrance » (Is 61, 1). Ce verset, que le Christ lira lui-même dans la synagogue de Nazareth, trouve au Cabo Delgado une actualisation très concrète : des cœurs brisés par le massacre, bandés non par la force mais par la patience de l’écoute.
L’assassinat de Mgr Osório Afonso Citora, révélateur d’une escalade
La mobilisation des Filles de Marie Auxiliatrice s’inscrit dans un climat que l’assassinat de Mgr Osório Afonso Citora, évêque de Quelimane, a rendu plus pesant encore. Dans la nuit du 6 juin 2026, des individus ont fait irruption dans sa résidence et l’ont abattu par balles. Cet acte a bouleversé le pape Léon XIV lui-même, alors en vol vers l’Espagne pour un voyage apostolique : le Souverain Pontife s’est dit « uni en prière au peuple des diocèses et du Mozambique en cette heure de désarroi », demandant au Seigneur d’« arrêter la main des violents ». Les évêques africains réunis au sein du SECAM ont qualifié cet assassinat de « crime barbare », portant atteinte à la vie, à la dignité humaine, à la paix, à la justice et à la liberté religieuse, exigeant du gouvernement mozambicain une enquête immédiate, transparente et indépendante.
Cet événement, bien que survenu à Quelimane et non directement à Cabo Delgado, a jeté une lumière crue sur la vulnérabilité de tous ceux qui, dans ce pays, portent une responsabilité pastorale. Il explique en partie pourquoi le pape a choisi, lors de l’Angélus du 16 novembre dernier, de citer explicitement le Mozambique aux côtés du Bangladesh, du Nigeria et du Soudan comme terre où les chrétiens subissent persécution et attaques ciblées contre leurs communautés et leurs lieux de culte. Cette énumération papale mérite d’être prise au sérieux dans sa littéralité : elle place le Mozambique, pour la première fois avec une telle netteté, dans le cercle restreint des nations où le magistère romain reconnaît une persécution active et documentée des chrétiens. Ce n’est plus un conflit régional oublié dans l’angle mort de l’actualité internationale ; c’est un front reconnu de ce que les papes appellent, depuis François, l’œcuménisme du sang.
Le voyage africain de Léon XIV en avril 2026, qui l’a conduit en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, avait déjà donné une visibilité inédite aux violences que subissent les chrétiens sur le continent, notamment dans les régions frontalières où sévissent Boko Haram et la province ouest-africaine de l’État islamique. Le Mozambique, non visité lors de ce périple, reste pourtant présent dans le regard du pape par la prière et par la parole publique — signe que la géographie de la sollicitude pontificale dépasse largement celle des étapes protocolaires.
Ce que révèle cette insurrection sur la théologie de la souffrance innocente
Il serait facile, et théologiquement paresseux, de réduire le Cabo Delgado à une simple donnée statistique dans le grand livre des conflits contemporains. Mais la foi chrétienne ne peut se dispenser d’interroger le sens de cette souffrance massive et prolongée. Le livre de Job offre ici une ressource singulièrement adaptée, car il refuse toute explication facile du mal qui s’abat sur l’innocent. Lorsque Job s’écrie : « Voici que je crie à la violence, et nul ne répond ; j’appelle au secours, et point de justice ! » (Jb 19, 7), il donne voix à ce cri que des centaines de milliers de Mozambicains déplacés pourraient reprendre à leur compte, eux dont les villages ont été rasés sans qu’aucune force internationale ne vienne durablement les protéger.
Ce cri de Job ne trouve pas de réponse rationnelle dans le texte biblique lui-même — Dieu ne justifie jamais la souffrance de son serviteur, il se contente de manifester sa présence souveraine au cœur de la tempête. C’est précisément cette théologie de la présence, plutôt que de l’explication, qui anime le travail des religieuses au Cabo Delgado. Elles ne prétendent pas donner un sens définitif à la violence subie ; elles offrent une présence qui rend la souffrance moins solitaire. C’est là, sans doute, la forme la plus rigoureuse de charité théologale : ne pas expliquer le mal, mais s’asseoir à côté de celui qui le porte.
Cette théologie de la présence trouve un ancrage supplémentaire dans la première lettre de Pierre, écrite précisément à des communautés chrétiennes dispersées et éprouvées par la persécution : « Vous-mêmes, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de l’édifice spirituel » (1 P 2, 5). Ce verset, souvent lu dans un sens purement ecclésiologique, prend au Cabo Delgado une résonance très concrète : chaque personne déplacée que les Filles de Marie Auxiliatrice aident à reconstruire son identité devient, littéralement, une pierre vivante que l’on relève des décombres pour la réintégrer dans un édifice de communauté et d’espérance. Le travail thérapeutique décrit par Sœur Anastância — permettre à une personne de raconter son histoire pour en faire une thérapie — est, sur le plan spirituel, un travail de reconstruction de la pierre vivante que la violence avait voulu réduire en poussière.
Une Afrique australe qui rejoint le Sahel dans l’épreuve
Le mérite de cette mobilisation congréganiste est de rappeler, avec une insistance salutaire, que le djihadisme n’est pas un phénomène circonscrit au Sahel ou au bassin du lac Tchad. L’Afrique australe, longtemps perçue comme relativement préservée, connaît depuis 2017 une insurrection affiliée à l’État islamique qui a exploité les mêmes ressorts que ses homologues nigérians ou maliens : pauvreté endémique, marginalisation de populations à majorité musulmane dans une province riche en gaz naturel, effondrement des structures étatiques locales, et instrumentalisation religieuse d’un ressentiment social bien réel. Le lien entre cette insurrection et les connexions transnationales islamistes n’est plus à démontrer : les experts pointent depuis des années les passerelles entre les groupes armés du Cabo Delgado et ceux qui opèrent en République démocratique du Congo, suggérant une circulation de combattants et de doctrine à l’échelle du continent.
Cette dimension continentale du phénomène justifie que l’Église catholique y réponde, elle aussi, à une échelle qui dépasse le seul diocèse de Pemba. La visite papale en Afrique centrale, les paroles prononcées lors des Angélus successifs, l’attention portée aux assassinats d’évêques et de prêtres constituent les éléments visibles d’une pastorale de la vigilance qui s’étend désormais du Nigeria au Mozambique en passant par le Cameroun et le Soudan. Mais c’est au niveau le plus humble — celui d’une religieuse qui écoute une femme raconter la nuit où son village a brûlé — que cette pastorale trouve sa vérité la plus profonde. Le prophète Osée l’avait pressenti dans une image saisissante de tendresse : « Je les mènerai au désert, et je parlerai à leur cœur » (Os 2, 16). C’est très exactement ce que décrivent les Filles de Marie Auxiliatrice lorsqu’elles racontent leurs séances de groupe dans les campements de déplacés : un désert bien réel, celui de l’exil forcé, où la parole patiente d’une religieuse devient l’instrument par lequel Dieu recommence à parler à des cœurs que la terreur avait rendus muets.
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« Portez les fardeaux les uns des autres, et accomplissez ainsi la loi du Christ » (Ga 6, 2)
Tu portes peut-être, en ce moment même, un fardeau que personne n'a encore accepté de porter avec toi. Que ressens-tu quand tu imagines une femme du Cabo Delgado racontant, pour la première fois depuis des mois, la nuit où elle a dû fuir son village en flammes ? Es-tu capable, toi, de t'asseoir près d'une douleur sans chercher immédiatement à la résoudre ou à la fuir ? Cette loi du Christ dont parle Paul, l'as-tu déjà vécue comme un poids partagé, ou seulement comme une formule pieuse ?
Seigneur, tu vois les villages incendiés du Cabo Delgado comme tu voyais l'homme laissé à demi mort sur la route de Jéricho. Tu connais le nom de chaque enfant enlevé, de chaque mère qui dort désormais sous une bâche. Donne aux religieuses qui écoutent la force de ne jamais se lasser d'entendre la même douleur répétée mille fois. Fais de leurs mains posées sur des épaules tremblantes le prolongement visible de ta tendresse. Que leur silence attentif devienne, pour ceux qui ont tout perdu, le premier mot d'une résurrection possible. Garde dans ton amour chaque homme et chaque femme de cette terre blessée.
Une main de religieuse, posée sans un mot sur l'épaule d'une femme qui pleure enfin.
✝ Références bibliques
5 passages · 5 livres
Remettez-lui tous vos soucis, car vous avez du prix à ses yeux. (1P 5,7)
Encouragement aux chrétiens persécutés : espérance, baptême et conduite en société.
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Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. (Ga 2,20)
Libération de la Loi par la foi : contre le légalisme, pour la vie selon l'Esprit.
→ Explorer le Codex Galates
Il nous a donné un enfant, un fils nous a été donné. (Is 9,5)
Le grand prophète du salut : jugement, consolation et annonce du Serviteur souffrant.
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Je sais que mon Rédempteur est vivant. (Jb 19,25)
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C'est l'amour qui me plaît, non les sacrifices. (Os 6,6)
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