- Saint Matthieu quitte tout pour suivre Jésus
- Un publicain au bord du lac
- L’évangéliste le plus juif
- Mission, martyre, dispersion des reliques
- Une postérité vivante
- Iphigénie, le roi Hirtacus et le sang du témoin
- Se lever de sa table, changer de route
- Lectio divina
- Prière
- À vivre
- De Naddaver à Salerne : le tombeau qui pleure
- Liturgie
- ✝ Références bibliques
9Étant parti de là, Jésus vit un homme, nommé Matthieu, assis au bureau de péage, et il lui dit : « Suis-moi. » Celui-ci se leva et le suivit. 10Or il arriva que Jésus étant à table dans la maison de Matthieu, un grand nombre de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. 11Ce que voyant, les Pharisiens dirent à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » 12Jésus, entendant cela, leur dit « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. 13Allez apprendre ce que signifie cette parole : Je veux la miséricorde et non le sacrifice. Car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. »
À Capharnaüm, un fonctionnaire aligne les pièces sur sa table de péage. Jésus passe, le regarde, dit seulement : « Suis-moi. » Matthieu lève les yeux, laisse ses registres ouverts, ses pièces éparpillées, et se lève sans un mot. Ce geste bref — quitter un bureau pour une route poussiéreuse — résume toute une vie : un homme habitué aux chiffres devient le témoin méticuleux d’une Parole qu’il couchera, plus tard, par écrit.
Saint Matthieu quitte tout pour suivre Jésus
Publicain à Capharnaüm, au bord du lac de Tibériade, au Ier siècle, Matthieu abandonne sa table de péage à l’appel du Christ. Devenu apôtre puis évangéliste, il rédige le premier Évangile du canon avant de mourir martyr, selon la tradition, en évangélisant l’Éthiopie.
Le 21 septembre, l’Église latine fête saint Matthieu, apôtre et évangéliste du Ier siècle, appelé sur les rives du lac de Tibériade. Ce publicain méprisé, collecteur d’impôts pour Hérode Antipas à Capharnaüm, devient le rédacteur du premier Évangile canonique. Aujourd’hui encore, douaniers, comptables et banquiers le revendiquent comme patron : signe qu’aucun métier, même défiguré par l’argent, n’échappe à l’appel de la grâce.
Un publicain au bord du lac
Matthieu s’appelle d’abord Lévi. Marc et Luc conservent ce premier nom ; seul l’Évangile qui portera son titre le désigne par « Matthieu ». Il est fils d’Alphée, juif de Galilée, et vit à Capharnaüm, petite ville de pêcheurs sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade, là même où Jésus a établi sa base après avoir quitté Nazareth. Son métier : collecteur d’impôts, ou publicain, au service de l’administration d’Hérode Antipas. Un poste qui rapporte de l’argent mais coûte l’estime : les publicains, soupçonnés de corruption et associés à l’occupant, sont classés par les scribes parmi les pécheurs publics, au même rang que les prostituées.C’est là, assis à son bureau de péage, que Jésus le trouve. La scène est racontée trois fois dans les Évangiles synoptiques, avec une sobriété frappante : « Il vit un homme assis au bureau des impôts, appelé Matthieu, et il lui dit : Suis-moi. Il se leva et le suivit » (Mt 9, 9 ; voir aussi Mc 2, 14 et Lc 5, 27). Aucune parole de Matthieu n’est rapportée. Aucune hésitation non plus. Le texte enchaîne directement sur un repas : Matthieu invite Jésus chez lui, avec « beaucoup de publicains et de pécheurs » (Mt 9, 10). Les pharisiens s’indignent ; Jésus répond qu’il n’est pas venu pour les justes mais pour les malades. La vocation de Matthieu devient ainsi, dès les premiers chapitres, une parabole en actes de la miséricorde.
Choisi parmi les Douze, Matthieu figure dans toutes les listes apostoliques (Mt 10, 3 ; Mc 3, 18 ; Lc 6, 15 ; Ac 1, 13). Il partage la vie itinérante de Jésus durant les trois années de ministère public, assiste à son enseignement, à ses guérisons, à sa Passion. Comme les autres apôtres, il fuit lors de l’arrestation, puis devient, après la Résurrection et la Pentecôte, un témoin engagé qui prêche l’Évangile.
L’évangéliste le plus juif
La Tradition lui attribue la rédaction du premier Évangile canonique, composé pour des communautés d’origine juive, sans doute vers 80-90 après J.-C., en Syrie-Palestine. Ce texte se distingue par son souci de montrer que Jésus accomplit les Écritures : il compte environ 130 citations ou allusions à l’Ancien Testament, davantage que tout autre Évangile. Matthieu ouvre son récit par une généalogie qui remonte à Abraham et à David, ancrant Jésus dans l’histoire d’Israël avant de raconter sa naissance, son enseignement — notamment le grand discours des Béatitudes (Mt 5, 3-12) — et sa mort.Ici s’impose la première distinction méthodique. Fait : les trois évangiles synoptiques rapportent l’appel d’un publicain nommé Lévi ou Matthieu à Capharnaüm, et son intégration au groupe des Douze. Légende et tradition ecclésiale postérieure : l’attribution du premier Évangile canonique à cet apôtre repose sur un témoignage ancien, remontant à l’évêque Papias au IIe siècle, mais la recherche contemporaine discute cette paternité directe, y voyant plutôt l’œuvre d’un rédacteur utilisant une source proche de l’apôtre. Réception : l’Église a néanmoins toujours transmis ce texte sous le nom de Matthieu, et la liturgie continue de le proclamer comme tel.
Mission, martyre, dispersion des reliques
Après la Résurrection, la tradition orale de l’Église situe l’apostolat de Matthieu hors de Palestine : un passage par l’Égypte, puis une mission en Éthiopie, dans la région de Naddaver. Il y prêche, affronte l’influence de deux mages locaux, et la tradition lui attribue plusieurs miracles, dont la résurrection du fils du roi. Sa popularité grandissante l’oppose bientôt au souverain, désigné selon les sources Hirtacus ou Birtace, lorsque Matthieu défend le vœu de virginité de la princesse Iphigénie, consacrée au Seigneur. Furieux, le roi le fait assassiner au pied de l’autel, alors qu’il célèbre les saints mystères.Ce récit du martyre appartient au registre de la légende hagiographique plutôt qu’à l’histoire documentée : aucune source du Ier siècle ne l’atteste, et les détails — noms, lieux, circonstances — varient selon les versions transmises en Orient et en Occident. Ce qui demeure solidement établi, en revanche, c’est le culte très ancien rendu à Matthieu comme martyr et apôtre, et la vénération de ses restes, conservés d’abord à Naddaver, en Éthiopie, avant d’être transférés en Italie.
En 954, à la demande du prince lombard Gisulfo Ier, les reliques de l’apôtre sont translatées jusqu’à Salerne, dans le royaume de Naples, après un séjour discret à Paestum. Elles y reposent encore aujourd’hui sous le maître-autel de la cathédrale, faisant de Salerne le seul lieu, hors de Rome, à conserver le corps presque entier d’un apôtre.Une postérité vivante
L’Église latine célèbre saint Matthieu le 21 septembre ; les Églises d’Orient le fêtent le 16 novembre. Le martyrologe romain le désigne comme « apôtre et évangéliste », rappelant qu’il « abandonna son métier de publicain » pour montrer, dans son Évangile, que Jésus « a porté à son terme l’ancienne Alliance ». Patron des douaniers, des comptables, des banquiers et des trésoriers, il reste, vingt siècles plus tard, le saint que l’on invoque quand l’argent et la conscience se croisent.
Iphigénie, le roi Hirtacus et le sang du témoin
Un fait solidement établi traverse toute l’histoire de Matthieu : son intégration au collège apostolique et la rédaction, sous son nom, du premier Évangile canonique, texte fondateur de la tradition chrétienne. Ce socle biblique, attesté dès les premiers siècles par les Pères de l’Église, ne fait l’objet d’aucune contestation sérieuse quant à son ancienneté et à son autorité liturgique.
Autour de ce socle s’est développée, dès les premiers siècles, une légende missionnaire riche en couleurs. Matthieu, dit-elle, aurait porté l’Évangile jusqu’en Éthiopie, dans la cité de Naddaver. Là, deux mages tenaient la population sous leur emprise par des prodiges truqués. L’apôtre les défie et les surpasse, non par la magie mais par la puissance de la prière : il ressuscite le fils du roi défunt, geste qui convertit la cour et le peuple. Le roi Egippus se fait baptiser ; sa fille Iphigénie, touchée par la prédication de Matthieu, consacre sa virginité à Dieu et devient, dans le récit, la première vierge consacrée d’Éthiopie.
Le drame survient à la génération suivante. Le nouveau roi, Hirtacus — appelé aussi Birtace selon les sources —, veut épouser Iphigénie malgré son vœu. Matthieu s’oppose publiquement à ce mariage, rappelant l’engagement de la princesse envers le Christ, « l’unique Époux » des âmes consacrées. Furieux d’être contredit, le roi envoie un soldat qui frappe l’apôtre à mort pendant qu’il célèbre l’eucharistie, au pied même de l’autel. Cette mise à mort en plein acte liturgique donne à la légende toute sa force symbolique : Matthieu meurt exactement là où il avait consacré sa vie, dans le geste même qui rend présent le sacrifice du Christ.Aucun document contemporain des événements ne permet de vérifier ce récit dans ses détails : ni la localisation exacte de Naddaver, ni l’identité précise des souverains évoqués, ni même la date du martyre, généralement placée de façon conventionnelle vers l’an 60 ou 70. Les hagiographies médiévales, telles que reprises dans la Légende dorée, ont largement amplifié et harmonisé des traditions orientales plus anciennes, elles-mêmes déjà diverses selon les Églises coptes, syriennes ou byzantines.
La portée symbolique du récit dépasse pourtant la question de son exactitude factuelle. Elle affirme que l’annonce de l’Évangile expose à l’hostilité du pouvoir, que la fidélité à une parole donnée à Dieu peut coûter la vie, et que l’eucharistie, loin d’être un abri, est le lieu même où se rejoue le don total du Christ. La légende dit, en somme, ce que l’histoire ne peut prouver : que la vie de l’apôtre a été cohérente jusqu’au bout, de la table de péage à l’autel.
La réception de cette légende s’est incarnée matériellement dans le culte des reliques. Depuis 954, la cathédrale de Salerne, en Campanie, conserve le corps de l’apôtre sous son maître-autel, ainsi qu’une relique du bras et une dent, exposées dans la chapelle du Trésor. Un phénomène local, dit la « manne de saint Matthieu », entretient depuis des siècles la piété populaire : un liquide se recueille périodiquement dans le tombeau, perçu par les fidèles comme un signe de la présence du saint. Foi, légende et dévotion se sont ainsi nouées, à Salerne, autour d’un même tombeau, sans qu’il soit besoin de trancher entre ce que l’histoire documente et ce que la piété a transmis.
Se lever de sa table, changer de route
Matthieu n’argumente pas, ne négocie pas, ne demande pas de délai. Il se lève. Ce verbe, répété par les trois synoptiques, dit toute la conversion : un déplacement du corps avant d’être un changement d’idées. La foi chrétienne, ici, ne commence pas par une doctrine mais par un mouvement — quitter sa place assise, ses habitudes rassurantes, l’argent compté avec soin, pour marcher derrière quelqu’un dont on ne sait presque rien encore.
Ce geste rejoint l’invitation des Béatitudes que Matthieu lui-même rapportera plus tard : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 3). Le publicain, homme d’avoirs et de comptes, devient un pauvre de cœur au moment où il laisse tout sur la table. Sa richesse antérieure — l’argent, mais aussi la sécurité d’un poste stable — ne lui manque pas : elle s’efface devant une présence plus forte.
Le repas qui suit l’appel mérite attention. Matthieu ne se cache pas ; il invite ses anciens collègues, ses amis publicains, à rencontrer celui qui vient de le retourner. La joie de la rencontre se partage immédiatement, sans attendre d’être digne ou irréprochable. C’est une leçon d’évangélisation avant la lettre : on ne convertit pas d’abord par la morale, mais par la table ouverte et la joie communiquée.
Enfin, la légende éthiopienne, quelle que soit sa part de fiction, garde une cohérence spirituelle forte. L’homme qui a su se lever pour suivre garde, jusqu’au bout, cette disponibilité radicale : il défend une consécration fragile face à un pouvoir menaçant, au risque de sa vie. La vertu mise en lumière n’est pas l’héroïsme spectaculaire, mais la fidélité continue à un même mouvement intérieur, depuis la table de péage jusqu’à l’autel.
Aujourd’hui, l’appel de Matthieu résonne pour quiconque se sent enfermé dans un rôle, un statut, une routine devenue étouffante. Il n’exige pas de tout quitter au sens matériel, mais invite à rester attentif à la voix qui peut surgir au milieu du quotidien le plus banal — un bureau, une caisse, un écran — et à savoir s’y lever quand elle appelle.
Lectio divina
« Jésus vit un homme assis au bureau des impôts, appelé Matthieu, et il lui dit : Suis-moi. Il se leva et le suivit. » (Mt 9, 9)
Tu as, toi aussi, ta table de péage : une habitude, un calcul, une place où tu te sens en sécurité. Qu'est-ce qui, dans ta vie, ressemble à ces pièces bien rangées que Matthieu abandonne sans un regard en arrière ? Quand une voix t'appelle à changer de route, l'entends-tu vraiment, ou fais-tu semblant de ne pas comprendre ? Que resterait-il ouvert, sur ta table, si tu te levais aujourd'hui ?
Tu passes devant nos tables encombrées, Seigneur, comme tu es passé devant celle de Matthieu. Tu ne juges pas nos comptes ; tu appelles. Donne-moi la simplicité de me lever sans calculer le prix. Apprends-moi la joie du repas partagé, même avec ceux que je méprise en moi-même. Rends-moi fidèle jusqu'à l'autel, comme ton apôtre l'a été jusqu'au bout. Que ta parole, écrite avec tant de soin par des mains autrefois habituées à l'argent, devienne aujourd'hui ma route.
Une table de péage vide, au soleil du matin, avec des pièces encore éparpillées sur le bois.
Prière
Seigneur Jésus, toi qui es passé un matin devant la table de Matthieu, passe aussi devant la mienne. Tu n’as pas attendu qu’il soit prêt, qu’il ait rangé ses registres, qu’il ait fait ses comptes avec sa conscience. Tu as simplement dit : « Suis-moi. » Apprends-moi à reconnaître ta voix dans le bruit de mes journées ordinaires, au milieu des chiffres, des tâches répétées, des habitudes qui m’endorment.
Donne-moi la grâce de me lever vite, sans négocier de délai, quand tu m’appelles à changer de direction. Je sais que je m’attache facilement à ce qui me rassure — un statut, une routine, une petite sécurité comptée avec soin. Libère-moi de cet attachement sans me laisser croire que je perds quelque chose de précieux : ce que j’y gagne dépasse toujours ce que je quitte.
Comme Matthieu invitant ses amis publicains à ta table, donne-moi le courage d’ouvrir ma maison, mon temps, mon attention à ceux que je juge trop vite indignes. Que je ne mette jamais de barrière entre ta miséricorde et les personnes que je côtoie, même les plus abîmées, même les plus méprisées par les autres.
Apprends-moi la fidélité du témoin, cette constance qui va de l’appel jusqu’au dernier souffle. Matthieu a écrit ta Parole avec la patience d’un homme habitué aux registres ; il est mort en la défendant devant un pouvoir hostile. Donne-moi cette même persévérance discrète, faite de petits gestes répétés plus que d’exploits.
Et quand viendra pour moi l’heure de l’épreuve, quelle qu’elle soit, tiens-moi debout comme tu as tenu ton apôtre au pied de l’autel. Que je ne recule pas devant la vérité par peur de déplaire. Que je sache, comme lui, rester au poste que tu m’as confié jusqu’au bout.
Merci, Seigneur, pour cet homme des chiffres devenu homme de la Parole. Par son intercession, apprends-moi à transformer mes tâches les plus arides en lieux de rencontre avec toi. Amen.
À vivre
Relire lentement Mt 9, 9-13 et noter, dans un carnet, la « table » que tu aimerais quitter aujourd’hui pour suivre un appel plus juste.
Inviter à ta table, ou contacter, une personne que tu évites habituellement par jugement ou gêne — un geste concret de miséricorde partagée.
Consacrer dix minutes de silence à la lectio divina sur Mt 5, 3, en te demandant ce que signifie, pour toi, être « pauvre de cœur » dans ton quotidien.
De Naddaver à Salerne : le tombeau qui pleure
Le sanctuaire principal de saint Matthieu se trouve aujourd’hui à Salerne, en Campanie, dans la crypte baroque de la cathédrale, sous une statue de bronze représentant l’apôtre. Depuis 954, année de la translation ordonnée par le prince lombard Gisulfo Ier, le corps du saint y repose presque en entier, dans deux urnes placées au centre de la crypte. C’est le seul lieu d’Italie, hors de Rome, à conserver l’intégralité des restes d’un apôtre, ce qui fait de Salerne une étape majeure du pèlerinage chrétien en Italie du Sud.
Autour du tombeau central, la chapelle du Trésor, logée dans la sacristie de la basilique haute, expose deux reliques secondaires vénérées par les fidèles : un bras de l’apôtre, conservé dans un reliquaire d’argent, et une dent, enchâssée dans un médaillon d’argent et d’or au sein d’un buste-reliquaire. D’autres fragments de reliques, issus de Salerne, sont dispersés à Rome, à Casal Velino, dans la province de Salerne, et à San Marco in Lamis, dans les Pouilles. La crypte abrite également les restes de plusieurs martyrs locaux, dont Caïus, Ante, Fortunat et Félix, associés au culte de l’apôtre.Une tradition locale entretient depuis des siècles la ferveur populaire autour du tombeau : la « manne de saint Matthieu ». Un liquide se recueille périodiquement à travers un cylindre de bronze percé dans le sarcophage, et les fidèles y voient un signe tangible de la présence du saint parmi eux. Ce phénomène, documenté depuis le Moyen Âge, continue d’attirer chaque année des pèlerins lors de la fête patronale de Salerne.
En France et en Belgique, le culte de saint Matthieu conserve un ancrage professionnel très concret. Il est le patron des douaniers : dans certaines directions régionales des douanes françaises, la remise de la médaille des Douanes aux agents a traditionnellement lieu le 21 septembre, jour de sa fête. En Basse Sambre, dans l’arrondissement judiciaire de Namur, en Belgique, les professionnels de la comptabilité et de la fiscalité organisent, le quatrième vendredi de septembre, un banquet en l’honneur du saint patron de leur profession — signe qu’un publicain converti reste, deux mille ans plus tard, une figure de référence pour ceux qui manient l’argent des autres.
L’art a largement porté la mémoire de l’apôtre. Le cycle que Caravage a peint pour la chapelle Contarelli, en l’église Saint-Louis-des-Français à Rome, reste la référence picturale la plus célèbre : « La Vocation de saint Matthieu », « L’Inspiration de saint Matthieu » et « Le Martyre de saint Matthieu » mettent en scène, avec un réalisme dramatique, l’appel à la table de péage et la mort violente au pied de l’autel. Plus anciennement, l’enluminure des Évangiles de Lindisfarne, manuscrit insulaire du VIIe siècle, représente déjà l’évangéliste sous les traits d’un scribe attentif, entouré de son symbole traditionnel, l’ange ou l’homme ailé, en référence à la généalogie humaine ouvrant son Évangile.
Dans l’iconographie chrétienne, Matthieu est en effet identifié parmi les quatre évangélistes par la figure d’un homme ailé ou d’un ange, symbole choisi parce que son Évangile commence par une généalogie humaine de Jésus, fils de David et fils d’Abraham. Ce symbole distingue son œuvre de celles de Marc (le lion), Luc (le bœuf) et Jean (l’aigle), selon la tradition iconographique héritée de la vision d’Ézéchiel et de l’Apocalypse.Liturgie
Lectures et psaume. Éphésiens 4, 1-7.11-13 (l’unité du corps du Christ dans la diversité des ministères) ; psaume 19 (« La proclamation des cieux ») ; Évangile selon Mt 9, 9-13, récit de l’appel du publicain.
Chant ou hymne. Un chant sur le thème de l’appel et de la conversion, du type « Tu es venu au bord de l’eau » ou tout hymne évoquant le « lève-toi et marche » de la vocation apostolique.
Couleur liturgique. Rouge, couleur des martyrs et des apôtres, portée le jour de sa fête.
Collecte thématique. Demander à Dieu, qui a choisi Matthieu le publicain pour en faire un apôtre et un évangéliste, la grâce de suivre fidèlement le Christ en toute condition de vie.
Antienne ou répons. « Il vit un homme assis au bureau des impôts ; il lui dit : Suis-moi. Il se leva et le suivit » (d’après Mt 9, 9), repris en antienne d’ouverture ou de communion.
Lien avec le temps liturgique. La fête de saint Matthieu, le 21 septembre, tombe chaque année en Temps ordinaire, entre l’été et l’automne ; elle invite, au cœur de la vie quotidienne la plus banale, à demeurer attentif à l’appel du Christ qui traverse le temps ordinaire sans éclat apparent.
✝ Références bibliques
5 passages · 3 livres
Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. (Lc 19,10)
L'Évangile de la miséricorde : Jésus proche des pauvres, des femmes et des pécheurs.
→ Explorer le Codex Luc- Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ils jeûneront (Lc 5, 33-39)
- Laissant tout, ils le suivirent (Lc 5, 1-11)
- Je vous donne ma paix (Jn 14, 27-31a)
- Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent (Lc 5, 27-32)
- À l’instant même, la lèpre le quitta (Lc 5, 12-16)
- Ce que Jean Cassien voit dans le jeûne que nous ne voyons plus
- L’Époux qui vient, l’Époux qui s’en va : quand Jésus dévoile le vrai sens du manque
- Toute la nuit sans rien prendre : la main de Dieu dans le silence
- Pourquoi la surabondance nous met à genoux plutôt qu’elle ne nous comble
- « N’ayez pas peur ! » — Quand la Parole d’un pape devient l’écho d’un Dieu qui connaît l’homme
- La barque nord-américaine et l’algorithme : quand trois épiscopats désarment ensemble la peur
- Trois Églises, une seule chair : quand Cuernavaca redonne à la migration son visage baptismal
- Complet avant l’heure : le débordement d’espérance qui précède Léon XIV
- Une clé n’abat pas les portes : Léon XIV et la grammaire de la communion

Le Fils de l'homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon. (Mc 10,45)
L'Évangile de l'action : Jésus serviteur puissant, révélé comme Fils de Dieu sur la croix.
→ Explorer le Codex Marc- Suis-moi. L’homme se leva et le suivit (Mt 9, 9-13)
- Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat (Mc 2, 23-28)
- L’Époux est avec eux (Mc 2, 18-22)
- Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs (Mc 2, 13-17)
- Le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre (Mc 2, 1-12)
- Le sabbat n’était pas fait pour nous enchaîner, mais pour nous rendre à la vie
- Ce que Jean Cassien voit dans le jeûne que nous ne voyons plus
- Le temps de l’Époux : quand la présence du Messie transforme notre rapport au jeûne
- Guérir avec le Christ : comment l’Église continue l’œuvre du Médecin des âmes et des corps
- Le Christ, accomplissement vivant : quand la Loi devient liberté

Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. (Mt 28,20)
L'Évangile du Roi : Jésus, nouveau Moïse, accomplit les Écritures pour Israël et les nations.
→ Explorer le Codex Matthieu- Il y a un temps pour chaque chose sous le ciel (Qo 3, 1-11)
- Quand la sagesse d’Israël regarde le cœur de l’homme au grand jour (Pr 21, 1-6.10-13)
- Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis (Si 27, 30 – 28, 7)
- Heureux, vous les pauvres. Mais quel malheur pour vous, les riches (Lc 6, 20-26)
- Celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi (Rm 13, 8-10)
- Ce que saint Basile voit dans la vigne que nous refusons de garder
- Il n’a pas écrasé le roseau froissé : la patience selon Tertullien
- Aimer son ennemi, c’est enfin voir comme Dieu voit
- Grégoire de Nysse : l’échelle secrète cachée dans les Béatitudes
- Ce que Chrysostome voit dans le malheur des riches
- À Metz, un pape américain a remis l’Europe entre les mains de son propre saint
- Quand un cardinal part pour Moscou, l’Église redevient artisane de paix
- Quand un roi rassemble les gardiens de l’invisible : ce que dit Bruxelles sur la place du catholique dans la cité sécularisée
- Dialogue, pas bénédiction : ce que la voix du Vatican dit vraiment de la paix
- Suis-moi. L’homme se leva et le suivit (Mt 9, 9-13)
- Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? (Lc 6, 1-5)
- Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste (Mt 23, 23-26)
- S’il t’écoute, tu as gagné ton frère (Mt 18, 15-20)
- N’est-il pas le fils du charpentier ? Alors, d’où lui vient tout cela ? (Mt 13, 54-58)
- Comme des enfants : d’Origène à la fraternité du Christ
- Pourquoi Dieu attend notre prière pour sauver le monde
- Ce que Matthieu a compris avant nous sur l’art de tout quitter pour Dieu seul
- Il n’a pas cherché à mériter l’appel qui l’a saisi à son bureau
- Le cœur qui ne sait pas fermer la porte au malheur d’autrui
- Quand l’Afrique sauve le sacerdoce polonais : le grand retournement missionnaire
- Ouganda : quand l’Église soigne les corps, elle révèle le visage de Dieu aux oubliés
- Le modèle de Séoul : quand des laïcs engendrent des prêtres par la prière
- Orlando, un chiffre et un appel : pourquoi Léon XIV parle de vocations à des religieuses qui disparaissent
- Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? (Lc 9, 7-9)
- Rien de nouveau sous le soleil (Qo 1, 2-11)
- Ananie : le Seigneur ne t’a pas envoyé, et toi, tu rassures ce peuple par un mensonge (Jr 28, 1-17)
- Hérode envoya décapiter Jean dans la prison. Les disciples de Jean allèrent l’annoncer à Jésus (Mt 14, 1-12)
- Celui qui entend la Parole et la comprend porte du fruit (Mt 13, 18-23)
- Une âme choisie : le détour de Jésus vers la Cananéenne
- Apprendre la vertu des animaux : quand Chrysostome fait de la création un miroir
- Être nommé, puis envoyé : la révolution silencieuse de l’appel apostolique
- Porter sa croix et ouvrir sa porte
- Ne craignez pas ceux qui tuent le corps : Léon XIV et la victoire cachée des martyrs
- Le dialogue de Nairobi et l’affrontement d’Abuja : deux visages de la parole prophétique catholique en Afrique
- Quand la maison de Dieu devient un lieu de silence : la France face à son enfance blessée
- Quand un chef d’opposition sort du Vatican transformé
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